UNE VIEILLE HISTOIRE

Chronique parue le samedi 12 octobre 2019 dans La République des Pyrénées// Cronica pareishuda lo dissabte 12 d’octobre 2019 en la République des Pyrénées.

© Sèrgi Javaloyès

© La République des Pyrénées

Depuis l’attaque de « Charlie Hebdo » notre actualité est scandée par des attentats commis par des djihadistes, issus pour la plupart de la mouvance salafiste radicale ; il existe en effet un salafisme quiétiste qui se dit pacifique, inquiétant néanmoins. Ce courant a vu le jour au Moyen Orient dans les années 1920, alors que l’empire ottoman se délitait. Depuis lors, l’Arabie Saoudite a joué, à travers le wahhabisme, un rôle prépondérant dans l’expansion de ce mouvement minoritaire de l’Islam. Elle l’a fait aussi en faveur des Frères musulmans se réclamant d’un salafisme sunnite et réformiste. Né en Egypte en 1928, il avait et a toujours pour but « la renaissance islamique et la lutte contre l’emprise laïque occidentale en terre d’Islam ». Ce seul constat aurait dû, depuis belle lurette, alerter nos responsables politiques…
L’Islam de France est majoritairement opposé à cette dérive fascisante. Le C.F.C.M (1), interlocuteur du gouvernement, dénonce régulièrement les crimes perpétrés au nom du Coran. Il est cependant confronté, au même titre que l’État, à l’emprise salafiste sur 80 mosquées, dirigées par des imams qui en sont des adeptes zélés. L’assaillant à la préfecture de police de Paris, haut lieu du renseignement antiterroriste, fréquentait la mosquée de Gonesse dont l’imam était fiché S et de surcroît sous le coup d’une procédure d’expulsion…
À la lueur de cette tragique actualité, on se demande comment notre République laïque pourra faire face cette dérive mortifère ? Gilles Kepel nous dit (2), depuis longtemps, combien nos gouvernements se sont trompés sur le diagnostic de ce courant religieux. Il disait, fin 2005, dans un interview accordé au Monde « […] dans la décennie 2005-2015, un djihad français naît dans l’Hexagone, sans que personne ne s’en rende compte jusqu’à l’affaire Merah dont beaucoup ont cru que c’était un acte isolé. » Il vient de déclarer au Figaro à propos de Mickaël Harpon : « «La première chose à faire pour notre hiérarchie policière, c’est son examen de conscience.»

  1. Conseil Français du Culte Musulman.
  2. La Fracture, Gallimard, 2016.

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