VIVANTS

CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 10 AVRIL 2021 DANS LA PAGE « IDÉES & DÉBATS » DE LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES // CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 10 D’ABRIU 2021 EN LA PAGINA « IDÉES & DÉBATS » DE LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.

Faut-il se préparer à fêter la fin des hostilités virales le 15 mai prochain, comme nous l’a promis Emmanuel Macron ? Je n’en sais diablement rien. Furtivement, comme une petite musique doucereuse, le doute s’est insinué et finalement s’est installé. Treize mois que nous subissons les frasques et sautes d’humeur de cet abominable virus. Treize mois que chaque jour amène son terrible lot de décès, à tel point que le chiffre des cent mille morts sera bientôt atteint, et que notre société qui, l’an dernier, s’en inquiétait, semble ne plus s’en préoccuper. Est-ce à croire que nos compatriotes aient oublié le courage, l’abnégation et le dévouement des soignants, mal considérés, mal payés. Je peux en témoigner : ils se battent chaque jour que l’aube enfante. Est-ce le franc symptôme de la dégradation du « vivre ensemble toujours solidaires » qui constitue l’honneur et la force d’un pays démocratique ? Je n’ose l’imaginer et quand l’idée noire me visite, je viens à déprimer. D’ailleurs, je ne regarde plus, n’écoute plus les prévisions et spéculations scientifiques, les déclarations des uns et des autres, les oracles — oui, cela existe ! — que les radios et chaînes de télévisions en continu nous prodiguent à longueur de journée. Certaines nous annoncent qu’une apocalypse nous révèlera bientôt le véritable dessein de cette pandémie. Quand d’autres sur CNews, par exemple, dénoncent le « roman de la peur » et la dictature sanitaire. J’ai mieux à faire : lire par exemple « Setòrias » (1) (Sétoises), le beau recueil de Frédéric Fijac, regarder la floraison apaisée des pommiers, m’installer dans le silence habité par merles et mésanges lorsque « l’aureta » (2) de 19 h 30 promène sa tendresse dans la vallée du gave. Admirer, enfin, le ballet chasseur d’un « hali » (3) dans le ciel amical du crépuscule. Respirer la vie, simplement. Ne sommes-nous pas vivants ?

1. éd. L’aucèu libre, 2020

2. La brise

3. Le milan noir.

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