L’AUTRE VIE

CHRONIQUE PARUE CE JOUR, SAMEDI 17 AVRIL 2021, DANS LA PAGE « IDÉES & DÉBATS » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES

CRONICA PAREGUDA UEI, DISSABTE 17 D’ABRIU 2021, EN LA PAGINA « IDÉES & DÉBATS » DEU DIARI LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.

Il y a des vendredis où la chronique ne vient pas. Elle reste cachée dans cet obscur pays dont nul ne connaît l’histoire et la géographie. Hier, j’en étais à me dire qu’il me faudrait user de subterfuges pour enfin trouver une solution honorable. À vrai dire, je pensais à ceux qui me font reproche de ne pas taper à bras raccourcis sur le président ou son premier ministre… Je me disais que, décidément — c’est une vieille histoire — je n’étais pas fait pour ces combats, ces éternelles polémiques.

Mes chroniques ont une autre vocation. Elles hument l’air du temps, observent le paysage et son vivant. Elles tentent de visiter les lieux où peu d’entre nous attardent le regard. Où une autre vie, parfois minuscule, s’exprime encore. Qui la visite, qui l’entend ? Tout est vitesse et précipitation, cynisme et inconscience. Il n’est de voir les masques joncher rues, places et parking, quand on ne les trouve pas jetés dans nos frais « arrius » (1).

Tiens, hier après-midi, j’ai vu de mes yeux vu un hanneton traverser, de son vol lourd et bruyant, le merveilleux jardin que je visitais à « Artés d’Asson ». Je pensais qu’ils avaient disparu depuis des décennies. Entendons-nous encore les grillons striduler ? Où sont passées les lucioles qui, naguère, offraient leur tendre lumière à nos nuits noires ? Quelques instants après, j’ai aperçu un carabe pyrénéen prenant le soleil sur la feuille d’un abricotier. Bientôt, un vent froid, le soir arrivait, a soufflé fort sur les chênes, hêtres et châtaigniers revêtus de leur robe printanière. Il était temps de m’en retourner.

Vous me direz que je m’obstine à ne pas voir la noirceur du monde. Il ne faut pas être grand clerc pour connaître son habitat et sa raison d’être. Qui pourrait faire l’économie de la montée inexorable de la pauvreté ? Qui pourrait éluder les menaces climatiques qui pèsent sur nos existences ? Qui viendrait à défendre ce capitalisme mondialisé, sans foi ni loi, qui détruit sûrement le milieu ambiant dans lequel nous continuons à vivre ?

1. ruisseaux.

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