NOËL, ENCORE…

Chronique parue dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées, le samedi 21 décembre 2019// Cronica parescuda en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

© Sèrgi Javaloyès

© La République des Pyrénées

 « Vive le vent », dit la chanson étasunienne adaptée en français par Francis Blanche, en 1948. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la « balaguèra » (1) soufflait à faire hurler les chiens apeurés du quartier. Un Noël au balcon et pluvieux nous était ainsi annoncé. Bien sûr pour ceux qui en possèdent un. Brassens chantait naguère François Villon et son poème qui disait déjà : « Semblablement, où est la royne /Qui commanda que Buridan /Fust jetté en ung sac en Seine ? Mais où sont les neiges d’antan ! » Aujourd’hui, que dirait Villon de nos hivers doux à souhait. Je l’avoue, ils m’attristent. La reverrons-nous cette pauvre neige ? Peut-être nous faudra-t-il monter et monter encore, pour atteindre les sommets de nos « montanhas » ?

L’enfance est si loin. Quand je tente de m’y replonger, elle échappe comme le vent, cette nuit-là déchainée. Je revois l’émotion qui m’habitait les derniers jours de l’Avent, quand je croyais encore au « Pair Nadau » (2). Demain, dimanche 22 décembre, le solstice d’hiver sera à son plein. Je penserai à tous les enfants qui y croient. Hier soir, revenant dans la nuit ventée à mon domicile, les fragiles lumières des villages me portaient le message secret des jours anciens quand nous n’étions pas encore encouragés — harcelés ? — à consommer envers et contre tout.

Désormais, la pression consumériste est constante. Pour y échapper, il nous faudrait sombrer dans un profond et long sommeil, nourri de mille songes, et nous réveiller le 6 janvier 2020, l’Épiphanie, pour manger la galette des rois. À quoi bon me direz-vous ? La réalité sera inchangée. Las, nous nous pressons à faire les « achats indispensables » … Je pense à tous ceux qui savent ce que précarité veut dire. Et je ne parle pas des d’enfants, qui nous sont invisibles, qui supportent leur pauvreté comme une fatalité indépassable. Heureusement, les précieux bénévoles du Secours Populaire, du Secours Catholique, de la Croix Rouge, leur apportent, chaque année, un bonheur sans pareil.

« Bon Nadau -Joyeux Noël- Felices Navidades – Eguberry on », and son on…

1. Tempête de vent du Sud

2. Père Noël

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