CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 27 JUIN 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 27 DE JUNH 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
J’ai toujours constaté que j’arrivais toujours en retard quelle que soit la situation que j’avais à rencontrer. Peut-être était-ce dû à ma naissance qui fut, d’après le récit épique que m’en fit ma mère, une longue et périlleuse expérience. J’ai lu, je ne sais plus où, que nombre d’entre nous sont condamnés au retard, exception faite des génies ou des imposteurs qui, eux, sont toujours à l’avance.
Longtemps, j’ai estimé que je me devais de combattre ce fatalisme mais je fus vite remis à ma place. L’avant-dernière, fort souvent. Retardataire, je fus, retardataire je suis resté.
Je vous dis tout cela car vendredi dernier, la canicule était déjà à l’œuvre, et quelle œuvre, j’attendais des proches à la gare de « Baiona ». Ils arrivaient de Paris où ils avaient pris un TGV à Montparnasse, puis retransportés depuis « Bordèu » par un TER Nouvelle Aquitaine. De peur d’être en retard, chassez le naturel ! j’avais décidé de prendre une longueur d’avance sur l’heure d’arrivée du train.
Arrivé au grand hall, que faire ? J’ai pris un café au prix exorbitant, me suis assis un peu, puis je me suis dirigé vers le magasin où l’on vend la presse, le tabac, des produits locaux (basques, enfin s’il faut croire la publicité qui en est faite) et toutes sortes de livres. J’y ai traîné mes espadrilles. J’avais du temps devant moi (je sais, je me répète). J’y ai découvert des publications dont j’ignorais totalement l’existence concernant la mode, l’art contemporain, la maison…
Je m’en suis lassé et je me suis approché du rayon livres et, notamment, celui des livres de poche. Je les ai passés en revue. Un titre soudain a attiré mon attention. Je m’en suis saisis, l’ai retourné, et l’ai acheté. La chaleur avait pénétré le hall peuplé de lecteurs assidus de smartphones. Qu’importe, j’en ai commencé la lecture. Aussitôt, il m’a passionné, pris dans ses rets. Quel livre ! Une claque, deux même. « L’heure des prédateurs » (1) avait paru en 2025, je n’en avais rien su. Quand je vous dis que je suis toujours en retard.
- Giuliano da Empoli, Folio, 7675.

