CHRONIQUE PARUE CE JOUR SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CRONICA PARESCUDA UEI DISSABTE 26 DE SETEME 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
Ce soir-là, lorsque la fraîcheur s’est installée sur le piémont, j’ai, comme souvent, contemplé le ciel parme dont se paraient les Pyrénées. Rien ne semblait altérer sa limpide sérénité ni la paix qu’il offre à qui sait l’accueillir. La nuit tombait doucement. Seul le chant d’une tourterelle rythmait son silence.
Je songeais à cet automne climatique qui tarde à prendre sa place. Depuis plusieurs années — rien ne vient contredire ce constat — il semble réduit à presque rien. Peut-être surgit-il parfois au début de novembre ? Comme s’il s’effaçait peu à peu de notre mémoire d’enfants, de ce temps où les premières gelées blanches ponctuaient déjà le mois d’octobre.
Je l’avoue : ces bouleversements climatiques m’attristent. On me dira qu’il y a plus grave, qu’il faut accepter la réalité, laisser aller ce temps profondément changé, désormais si avare en pluie bienfaisante. Je sais, «que repépii» (1), chronique après chronique. Pourtant, je constate — et l’actualité nous le rappelle — que le dérèglement climatique n’occupe qu’une place marginale dans les discours des nombreux candidats à la prochaine élection présidentielle.
Je les soupçonne de vouloir «faire comme avant». Peut-être espèrent-ils que les frimas de novembre, voire de décembre — et les fêtes de Noël, pensez donc ! — effaceront de nos mémoires les désastres de l’été? Pourtant, même s’ils sont moins médiatisés, les incendies continuent de ravager des centaines d’hectares dans les Landes, dans la Drôme ou en Provence.
Chaque jour apporte son lot de feux dévastateurs aux conséquences environnementales souvent irréversibles, notamment pour la biodiversité. L’eau, elle aussi, vient à manquer, jusque dans nos montagnes où les sources, autrefois, ne tarissaient jamais. On dira encore que je suis un oiseau de mauvais augure. J’en ai l’habitude et «que me’n chauti.» (2)
1. Je radote.
2. Je m’en moque.

