CHRONIQUE PARUE CE JOUR À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES
CRONICA PARESCUDA UEI A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES
Elle était dans l’air. Seul un ermite au fin fond du désert de Gobie aurait pu l’ignorer. Ce n’était pas encore une menace, plutôt la parole, insupportable, des climatologues, pour ceux qui n’en sont pas et qui ne cesse de confondre météorologie et climatologie.
Je la savais récidiviste. N’avait-elle pas fait montre d’entêtement au mois de mai dernier ? Depuis mardi, elle fredonnait de bon matin sa torride rengaine. Je la craignais. Mais qui ne la craint pas, aujourd’hui ? Depuis plus de vingt ans, elle se rappelle à nous. N’avait-elle pas sévi en 2005, 2017, 2022 et 2025. Une chaleur extrême que nous avons négligée rapidement. En vain, elle ne nous a pas oubliés.
« Cette fois-ci, elle ne s’éternisera pas » ai-je pensé encore. Pourtant, elle s’est installée en Béarn et ailleurs pour les quinze jours à venir, accompagnée de températures qui ne laissent pas d’inquiéter. Vous me direz, Pascal Praud et ses acolytes récusent le dérèglement climatique chaque jour que le soleil blanc et dur accouche d’une canicule.
Hier soir, un autre phénomène planétaire. Aux derniers instants d’une journée incandescente, un ballon rond s’est introduit subreptice « a casa ». Je l’ai vu. Il roulait, sautait, volait. Il criait sa joie, il venait en effet de réussir un but improbable et miraculeux. Je savais qu’il viendrait tôt ou tard. Que n’aurais-je donné pour le fuir ? Peut-on échapper à une coupe du monde de football ?
Elle s’est hâtivement installée face au canapé, et n’est pas près de quitter les lieux. « Atau qu’ei !» (1), cette débauche publicitaire, cette course folle aux profits et ce football américanisé, me sont insupportables. Pensez, au pays de Trump, la gratuité n’existe que dans les rêves ! J’ai joué au foot jadis. Le rugby m’a vite happé. Cependant, les coupes du monde ont scandé une grande partie de ma vie. Celle de 1998 fut le rêve éveillé d’un pays réconcilié avec lui-même. Cela ne dura guère.
1. C’est ainsi.

La vila (enfin, la vilòta) de Nai e darrè Lo Jaut (2050m), un sinclinat apitat (un synclinal perché).
