CHRONIQUE À PARAÎTRE DEMAIN SAMEDI 24 OCTOBRE 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
CRONICA A PARÉISHER DOMAN DISSABTE 24 D’OCTOBRE 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
J’ai posé mon livre. Comme après un cauchemar, une question demeurait : que s’était-il réellement passé lors de cette dernière « dimenjada » (1) ? Derrière le déluge d’images de destructions et de pillages, j’essayais d’y voir plus clair.
Les plateaux, en effet, regorgeaient d’experts — le sont-ils vraiment ? Alain Bauer, notamment, semblait omniprésent — et d’élus de tous bords, occupés à dénoncer, excuser, voire soutenir les casseurs et les pilleurs qui avaient transformé les centres-villes en champs de ruines. Mais où étaient donc passés les lycéens et leurs revendications ? Et la vie chère ? Tout cela avait été englouti par l’explosion émeutière.
La violence est un alcool fort, très fort : elle nourrit une folle ivresse qui semble ne pas connaître sa gueule de bois. Depuis des décennies, le même phénomène éruptif se répète. D’aucuns, rebelles guindés, évoquent sans rire 1789 ; d’autres, 1848. Mai 68, bien sûr, dont j’ai entendu, fasciné, les lointains échos radiophoniques durant la nuit des barricades, du 10 au 11 mai 1968. Bien plus tard, les émeutes de 2005, survenues après la mort de Nahel.
Comme si notre pays ne pouvait guérir sa très vieille névrose française que par la crise sociale et politique. A-t-on oublié celle du 13 mai 1958 à Alger, la fameuse journée des barricades, qui porta Charles de Gaulle au pouvoir ? Une tristesse m’a saisi. Un incompréhension totale. Je ne savais plus quel philosophe, penseur ou sociologue, solliciter pour comprendre cette déflagration hexagonale, qui a même atteint le Béarn.
J’ai éteint la télévision et, dans le calme retrouvé de ma chambre, j’ai repris la lecture d’Histoire de la violence (2), acheté peu auparavant. Édouard Louis y convoque la puissance des tragédies grecques pour raconter la lâche agression dont il a été victime. Les historiens nous disent que la violence des sociétés occidentales régresse depuis un siècle. Que faut-il en penser ? Au fond, nous sommes toujours menacés par l’ordre ou par le désordre.
1. Fin de semaine.
2. Édouard Louis, Histoire de la violence, Points, 2016.

Abans lo hodre — Avant la tempête !
