CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 4 JUILLET 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 4 DE JULHET 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
Dernière chronique avant la pause estivale. Je ne sais que trop que ma ritournelle hebdomadaire agace plus d’un. Je m’obstine. « Last but not least », je ne suis qu’un écrivain, et rien d’autre.
La nuit apaisée n’était pas partie lorsqu’une brise fraîche a pénétré la chambre. Je me suis réveillé, lentement. Le sommeil me tenait prisonnier. Quelle heure était-il ? 5 h 10. Un rêve tranquille m’accompagnait. J’ai entendu à nouveau la « cavèca » (1). Avait-elle souffert de la chaleur extrême ? Peut-être avait-elle un message à nous dire à ce propos ?
J’ai jeté un œil au « casau » (2). Il a souffert. Les tomates, surtout. Et Dieu sait si je les ai arrosées. Les arbres montraient eux-aussi des signes de faiblesse. Que faire ? Allais-je attendre l’aube ? La veille, j’avais entendu les lointaines clameurs de la victoire des Bleus, le sommeil m’avait déjà emporté en son pays océanique.
J’avais fini le cycle du « Hussard sur le toit » (3) encore émerveillé par ce roman d’aventure sans pareil et avait commencé « Le Livre de ma mère » (4), remisé depuis longtemps pour je ne sais quelle raison. Je pensais à la journée à venir et aux malheurs d’un monde qui jamais ne trouve le repos. La guerre est présente en Ukraine, en Somalie où les groupes islamistes massacrent les populations musulmanes et chrétiennes, en Birmanie de la Junte militaire et ses 100 000 morts. J’en oublie. Il y en a tant !
Je revoyais l’épidémie d’Ébola au Congo qui m’a renvoyé au choléra du « Hussard sur le toit ». Une horreur. Un sentiment d’impuissance m’a brûlé comme le souffle incandescent de la canicule. J’ai repris l’ouvrage d’Albert Cohen et sa lecture m’a pacifié.
Un de mes amis — il habite à deux mille kilomètres de mon village — m’a envoyé un courriel qui s’achevait par « Bel été à toi et aux tiens ! ». Ce même jour, on annonçait une nouvelle flambée des températures ! L’été, évidemment, en croisant les doigts et sans trop y croire. L’aube est venue tendrement comme une caresse sur la joue. Il faisait frais, enfin.
- Chouette.
- Potager.
- La Pléiade, t. IV.
- Albert Cohen, Gallimard, Juin 2000.

