CHRONIQUE PARUE, CE JOUR, SAMEDI 7 NOVEMBRE 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
CRONICA PARESCUDA, UEI, DISSABTE 7 DE NOVEME 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
Mardi, revenant de Pau, le ciel ennuagé ne promettait pourtant aucune averse. L’après-midi s’épuisait. Le crépuscule allongeait tout doux son corps fatigué sur la vallée lorsque, soudain, un milan noir a surgi. Son vol était bas et rapide. Ce rapace m’a toujours fasciné : quelque chose dans son vol est d’un calme étonnant, notamment quand il chasse. Quatre corneilles semblaient le suivre puis elles ont bifurqué vers l’Ouest.
Là, le soleil déclinait sur l’Angladura, la haute colline qui domine Nay et la vallée du gave de Pau. Les bois et forêts environnants avaient pris les couleurs sanguines de l’automne. Le froid vent du Nord accompagnait mon voyage routinier. Plus loin, j’ai aperçu les Pyrénées déjà endormies par la brume naissante. Je roulais lentement, la circulation était dense comme d’habitude. J’écoutais France Info, les Midterms étasuniennes étaient au cœur des commentaires et supputations sur leur résultat attendus dans la « nuit américaine » (facile !).
Le lendemain, à la première heure, j’ai pris connaissance des résultats. Ils m’ont réjoui. Ce jour-là, allant faire les courses hebdomadaires, j’ai découvert que le très vieux cèdre du quartier de La Palmeraie à « Coarrasa » avait été abattu. Le vide laissé par cette coupe m’a plus qu’attristé. Depuis l’enfance, je l’admirais. Je me souviens des cigognes posées sur sa cime. Je n’avais pas compris que son existence comme celle de ses semblables, était toujours menacée. Je me demande quels ont été ses dernières paroles lorsque les tronçonneuses le démembraient. Le tuaient. Les arbres ne parlent pas, me direz-vous. Pourtant, « auprès de mon arbre je vivais heureux, j’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre… » (1)
- Georges Brassens, Auprès de mon arbre.

Lo cèdre abans que sia desapitat
