CHRONIQUE PARUE SAMEDI 5 SEPTEMBRE 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
CRONICA PARESCUDA DISSBATE 5 DE SETEME 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
Première chronique après la pause estivale. Je ne sais que trop que mon billet agace plus d’un. Certains, en effet, me voudraient interprète d’une actualité déjà polluée par la future élection présidentielle. Les sondages vont bon train, et nous n’avons pas fini d’en supporter les prédictions. Je suis au regret de les décevoir. Je ne suis pas ce qu’ils aimeraient que je sois. Je ne suis qu’un écrivain.
Bref, un matin torride du mois d’août dernier, j’ai regardé notre poêle scandinave. Il était bien seul le pauvre, fort peiné de se voir peut-être à l’automne inutile. L’été caniculaire et incendiaire que d’aucuns prétendaient normal, semble les avoir bousculés. Chaque jour brûlant, j’espérais une ondée salvatrice. Deux orages miraculeux attiédirent l’atmosphère mais chassez le naturel… Lorsque je prenais un café, de bonne heure, dans un des bars du bourg — j’en change, ne voulant froisser personne — j’entendais, autour de moi, les sempiternels conciliabules à propos du dérèglement climatique. Étrangement, ils entraînaient rapidement des débats sur les innombrables candidats (ils sont à ce jour plus d’une trentaine) à l’élection présidentielle qui me hérisse le poil.
« De bueus en vacas » (1), dans « L’adolescence du perroquet » (2), le dernier et excellent roman d’Amélie Nothomb, le narrateur, chroniqueur dans une radio, dit : « (…) Moi, j’aime cela. L’anodin, c’était la perle rare. Personne ne vous téléphone pour vous dire : « Il m’est arrivé quelque chose d’anodin. » C’est la preuve de l’élégance de ce concept. » Comment pourrais-je ne pas le féliciter ? Hier soir, j’ai achevé « L’inconnue du quai de Javel » (3) et vous dis combien cette lecture m’a comblé. La grande chaleur est donc revenue. Elle s’obstine, voilà tout. La belle lumière des matins de septembre n’a guère changé depuis que je la vois peindre d’un bleu tendre nos chères « montinas ».
1. Du coq à l’âne.
2. Albin Michel.
3. Philippe Jaenada, Flammarion.

