PETITS-POUCETS

Chronique parue ce jour, samedi 16 janvier 2021 dans la page Idées et Débats de La République des Pyrénées. // Cronica parescuda uei, dissabte 16 de genèr 2021, en la pagina Idées et Débats de La République des Pyrénées.

Au printemps 2020, au plus fort du premier confinement, il ne se passait pas un jour sans qu’on nous annonce la mort imminente du vieux monde. Il allait, à n’en pas douter, trépasser de sa mauvaise mort, et laisserait la place à un monde plus humain, plus juste, plus écologique… Que sais-je encore ? L’automne arrivé, le « monde d’après », puisque c’est ainsi qu’on le nommait, ne s’entendait plus guère. Le terme s’étiolait. Le deuxième confinement nous signifiait alors que nous n’étions pas près de quitter ce mauvais rêve éveillé dans lequel nous vivons aujourd’hui.

On nous dit désormais que ce virus ne sera pas éradiqué de sitôt, et que, probablement, il nous accompagnera pendant de très nombreuses années. L’alerte ferait sourire si elle ne nous parlait pas de l’impossibilité d’éteindre cette pandémie qui est, faut-il le répéter, mondialisée. Le « monde d’après » ressemble étrangement au monde que nous connaissions avant que le virus ne vienne, en mars 2020, tout mettre sens dessus dessous. « Ueratz » (1), même le néolibéralisme que nous pensions quasiment éternel en a fait les frais. Satané Covid, il se joue de tout, même de la communauté scientifique pourtant compétente et mobilisée. Il ne cesse de déstabiliser l’ensemble des chefs d’état du monde occidental. Boris Johnson en est l’exemple le plus remarquable. Son obstination imbécile s’est fracassée sur sa grave contamination qui l’a menacé de passer l’arme à gauche.

L’espoir ne court pas les rues ; elles vont d’ailleurs se vider ce soir à dix-huit heures. De quoi sera fait demain ? Qui le sait ? Comme toujours, il y a bien les prophètes de malheur qui nous disent que nous allons tout droit à la catastrophe et qu’ils seront in fine nos sauveurs attitrés. D’aucuns, hélas, les croient naïvement. Nous sommes des « Petits-Poucets » cheminant dans la sombre et dangereuse forêt de la crise sanitaire. Un pas après l’autre, semant nos petits cailloux, de peur que nous rencontrions le désespoir, cet ogre insatiable, qu’il nous faudra bien trucider.

1. Voyez !

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