Chronique parue samedi 18 juin 2022 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda lo dissabte 18 de junh 2022 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Ces jours sahariens, que j’ai connus dans mon jeune âge, fort loin du Béarn, ne sont plus les signes avant-coureurs du réchauffement climatique que d’aucuns contestent obstinément mais les angoissants symptômes d’un dérèglement qui s’aggravera lentement mais sûrement, dans les années à venir. J’entendais mardi matin, au marché, un bel imbécile assis devant sa pression dire à ses condisciples que, là-bas, au château, rue du Faubourg Saint-Honoré, « ils nous mentent du matin jusqu’au soir. ». Notre sémillant « capdèth » (1) développait, sans sourciller, un conspirationnisme climatique que Donald Trump et ses affidés étasuniens et français auraient été ravis d’entendre. Lui savait. Ce n’était rien de le dire. Il certifiait qu’il avait toujours observé « le temps qu’il fait » et l’observait encore aujourd’hui, précisant qu’il prenait même des notes sur des cahiers qu’il gardait précieusement dans un recoin de sa vieille maison béarnaise. Je buvais ma limonade (j’aime la limonade, c’est ainsi !) lorsqu’il a conclu : « Le climat n’a pas changé ; il est comme je l’ai toujours connu ! » Certes, reconnaissait-il, il lui arrive d’avoir des sautes humeurs comme nous pauvres ignorants qui prennent des vessies pour des lanternes, mais il revient vite à de meilleurs sentiments. Je l’ai laissé à sa conclusion et ai fait mon marché sous un soleil écrasant. Revenu « chop » (2) à la maison, je croyais en avoir fini avec la bêtise stratosphérique lorsque j’ai vu sur un réseau social bien connu, Willy Shraen, le patron des chasseurs français, sur le plateau des Grandes Gueules (RMC), accuser les écologistes d’avoir carrément inventé cet épisode caniculaire à des fins électorales. « On se fatigue de voir la bêtise triompher sans combat » a écrit Camus (3). J’étais fatigué.
1. Type, mais aussi « cadet ».
2. Trempé.
3. L’État de siège, 1948.

Excellent! Nos reconcilias amb aquel mond… Amistat, Eric. ________________________________
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Bonjour Sèrgi Désormais la chaleur ambiante va aussi s’installer dans les travées de notre assemblée nationale Nul doute que les débats passionnés et interminables vont en chauffer l’atmosphère intérieure Il faudra peut-être leur couper la climatisation comme dans les trains Certains parlent même d’une conspiration latente visant à obtenir une dissolution rapide nous permettant de retourner aux urnes surchauffées Quelle époque bizarre… Heureusement nos débats au sein du Codev sont enthousiastes mais respectueux A bientôt de te revoir en pleine forme et rafraîchi Amitiés Patrice Ps je retourne à ma limonade eh oui j’aime aussi !
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