CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 21 DÉCEMBRE 2024 DANS LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 21 DE DECEME 2024 EN LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
L’odeur terreuse de la pluie s’attardait après la dernière averse. Là-bas, les chiens aboyaient à la nuit cruelle qui consumait le jour trempé et fuyant. Le froid venait à pas de loup. Le bourg aussi préparait son lit d’anxiété et de fatigue. L’angélus avait scandé le crépuscule d’un hiver vrai. J’allais vers ma chère montagne que j’imaginais enneigée. La neige, toujours la neige. M’abandonnera-t-elle un jour ? Viendra-t-elle bientôt ? Qui le sait ? J’attends, peut-être en vain. Bernard Manciet m’écrivait en 2000 : « […] on lui promet la neige du lointain […] » Il lui dédiait un de ses premiers poèmes publié par la revue Reclams (1). Noël s’annonce. Quoique d’aucuns ne veuillent plus en entendre parler. Ne disent-ils pas « Joyeuses Fêtes » ? Tout serait donc devenu festif, sans fin, jusqu’à plus soif. Jusqu’à la prochaine fête ? Laquelle ? Où avais-je la tête ? « Cap d’an ! » (2) bien sûr. Cela tient sans doute de l’exorcisme collectif ou d’un volontarisme forcené. Il faut bien tenter d’oublier toutes les douleurs et souffrances du monde, d’expulser au plus vite le mal universel qui blesse et tue sans cesse, de fermer les yeux sur la pauvreté et la misère. Parfois, il me semble que l’exil est toujours à mes basques, que ce monde n’est plus le mien. Nostalgie… Le monde qui m’a vu naître était-il différent ? Je crains fort que non, mais l’enfance reste ma seule patrie. J’en suis un patriote fidèle malgré mon âge d’ores et déjà avancé. Presque… L’espoir fait vivre. Hier matin, l’éclaircie était joyeuse. Le parfum boisé d’une nuit pluvieuse enivrait le jardin. Un petit vent finissait de dénuder mon jeune hêtre qui deviendra grand comme tous les enfants de ce monde agité et brutal. Allez, au Diable la tristesse, c’est bientôt « Nadau » !
1. A le neu, en septembre 1945.
2. Nouvel an

Lui avait écrit « A le niu », mais on l’a « normalisé », d’entrée…
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Adiu, car Sèrgi,
Fau mieu las paraulas tieunas : « Il faut bien tenter d’oublier toutes les douleurs et souffrances du monde, d’expulser au plus vite le mal universel qui blesse et tue sans cesse, de fermer les yeux sur la pauvreté et la misère. Parfois, il me semble que l’exil est toujours à mes basques, que ce monde n’est plus le mien. »
Aqueste constat es a la basa, a la fondamenta de tota ma pensada metafisica, confortada, coma o sabes benlèu ja, per ma cura analitica jungiana (una experiéncia que compartissèm, tè tu tè ieu).
Mas mai que de clucar los uèlhs, del moment qu’escrivi, finti cap e cap aqueste mal d’al fons de l’uèlhs, e sens i donar pausa, de contunh, o denóncii, de vèrs en vèrs, fins al calar definitiu.
Cossí vas ?
Amistats
Franc Bardòu
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