CHRONIQUE PARUE CE JOUR SAMEDI 13 SEPTEMBRE 2025 DANS LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CRONICA PARESCUDA UEI DISSABTE 13 DE SETEME 2025 EN LA PAGINA » DÉBAT & OPIONION » DEUS DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
Parfois, aux premiers instants d’un réveil chancelant, j’écoute les titres de l’actualité sur France Culture. Une journaliste, dont j’ignore le nom, les clame comme autant de périls et désastres passés et à venir. Le monde aujourd’hui n’est pas près de nous être agréable.
On me dit pessimiste. Je me demande bien comment il pourrait en être autrement. Thomas, mon vieil ami, m’en fait reproche. Il a sans doute raison mais à mon âge on ne se change pas, on tente de s’accepter et éventuellement de s’aimer un petit peu.
Jeudi matin, j’ai entendu — ce que j’avais déjà subi la veille — les déclarations véhémentes, parfois violentes des censeurs, suivies des étranges soutiens du 1er Ministre censuré. « Méfie-toi de tes ennemis encore plus de tes amis » (1) Le sort réservé au maire de Pau sera sans doute celui de son successeur, l’enfant gâté de la macronie.
Je venais de lire « La responsabilité personnelle d’Emmanuel Macron est largement engagée dans l’effondrement actuel du système politique. », la tribune de Rémy Lefebvre (2). Ce monde-là n’est décidément pas le mien. Je suis heureux de me tenir loin de ces guérillas mortifères où on cherche en vain l’espoir d’un véritable renouveau.
Ce monde-là n’est décidément pas le mien. Je suis heureux de me tenir loin de ces guérillas mortifères où on cherche en vain l’espoir d’un véritable renouveau. Ce flot soutenu d’invectives, de violences infantiles, d’appels à l’insurrection, m’a poussé à une fuite contrainte pour un pays où mon âme cherchait en vain sa voie de salut.
Mon cerveau était en panne, peut-être défaillant. Lorsque j’ai repris mes esprits fugueurs, j’ai eu l’impression désagréable que je me réveillais dans un asile de fous. D’aliénés, comme on disait jadis. Où étais-je parti ? « N’ac sabí pas ! » (3)
Heureusement, j’ai ouvert la fenêtre, la nuit pluvieuse s’en allait lentement, les arbres pleuraient leurs doux rêves. Deux palombes amoureuses sont passées roucoulant. Une sensation de fraîcheur automnale m’a réconforté. La paix fragile de l’aube m’habitait. J’ai respiré cet air vivifiant, et vers la Bigòrra, la lumière de septembre m’a bel et bien réveillé.
1. Machiavel.
2. Le Monde, 11.09.2025.
3. Je ne savais pas.

