CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 15 NOVEMBRE 2025 DANS LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN » LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 15 DE NOVEME 2025 EN LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
L’autre soir, le vent espagnol sifflait tendrement dans l’arbousier et le tulipier. J’ai observé le ciel, de longs nuages de notre fidèle foehn étaient mauves, plus loin bleuet barbeau.
Ils me parlaient d’un voyage que je n’ai jamais fait, là-bas, de l’autre côté de la petite mer, où je suis né. Souvent, des paysages, des voix, des gestes, des odeurs, des lectures me viennent. Je ne les repousse pas, elles m’habitent.
J’ai eu le sentiment incertain que le temps avait ralenti, comme s’il ne voulait plus avancer. Le temps passé était déjà parti. Je ne sais où ? Des blancs hérons-garde-bœuf retardataires sont passés lentement rejoignant leurs collègues, près du lac de Baudreix.
Il faisait encore chaud lorsque la nuit est tombée subrepticement. Je serais bien resté là, à entendre les aboiements sur l’autre rive du gave, à écouter les murmures du village, à regarder les lointaines lumières du bourg. Le chien roux a pleurniché, il demandait son maître, lui aussi en retard.
L’angélus a sonné. Il me fallait rentrer, préparer la soupe comme à l’accoutumée. L’habitude finit par nous rassurer, les rituels de toute vie domestique. La chronique était à faire et, encore une fois, la page était blanche. C’est la douceur extrême de cette étrange nuit de novembre qui m’a chuchoté à l’oreille ces quelques mots. Des banalités, sans doute ?
J’ai lu le flamboyant « Elastoplast 70 » (1) dont je reparlerai, rapidement. La fatigue me tarabustait, je ne voulais pas lui céder. J’avais en tête de regarder un nouvel épisode de « Años nuevos » (2), la belle et douce-amère série espagnole. Une histoire d’amour, banale comme les réalisateurs espagnols, aujourd’hui, « accomplissent » avec finesse. J’ai souri, pleuré un peu, souri encore. Ana et Óscar s’aiment passionnément, se séparent, se croisent. Viennent alors les allers et retours entre l’amour perdu et retrouvé. La sincère morsure de l’amour ne s’oublie jamais.
1. Jean-Paul Basly, éditions La Biscouette, 10 €.
2. Arte.
