GROSSE FATIGUE

Chronique parue aujourd’hui samedi 9 janvier 2021 dans la page Débat et Opinion de La République des Pyrénées // Cronica parescuda uei dissabte 9 de genèr 2021 en la pagina Débet et Opinion de La République des Pyrénées.

Une grosse fatigue m’a soudain saisi. J’étais, l’autre soir, face à ma télévision, quand j’ai assisté en direct à l’irruption et au saccage du Capitole à Washington par les manifestants surexcités que Donald Trump avait chauffés à blanc. J’imaginais, le spectacle était irréel, que ces militants voulaient depuis longtemps (on le sait désormais la « chose impensable était prévue) en découdre avec la démocratie étasunienne qui avait empêché — Trump les avait maintes fois renseignés — la réélection de leur chef, leur maître, leur gourou…

Une belle fatigue face à cette déferlante quasiment ininterrompue de « frappés dingues » qui pénétraient dans le cœur sacré de la plus vieille démocratie du monde. Il fallait, en effet, voir le flot des conspirationnistes de la secte QAnon dont Jake Angeli, leur « shaman », arborait sur sa tête peau de castor et cornes de buffle, un déguisement amérindien. Un pied de nez carnavalesque à la mythologie du western classique. Où étaient donc « La Fille du désert », « Rio bravo », « Rio grande » ?

En définitive, je ne savais pas si cette insurrection allait réussir à capturer et malmener députés et sénateurs. Les intrus, qui paradaient sous les ors du Capitole, étaient aussi bien les partisans du « Socialist Movement », parti néonazi, que les affidés des Proud Boys, une organisation suprématiste américaine. J’ai même aperçu un adepte du nazisme étasunien portant un sweatshirt sur lequel on pouvait lire une tête de mort et l’inscription en anglais : « Camp d’Auschwitz, le travail rend libre ». L’incurie des forces de l’ordre du Capitole était patente et a permis l’envahissement inédit d’une Amérique insoumise, rurale, qui n’a jamais accepté l’élection de Biden.

La Guerre de Sécession — The Civil War (1861-1865) opposant les États-Unis d’Amérique (l’Union) et les États confédérés du Sud — était de retour. Cet épisode alarmant et pitoyable me faisait penser à la célèbre phrase de Karl Marx : « L’histoire ne se répète pas, ou alors comme une farce… » Cinq victimes, in fine. Était-ce vraiment une farce ?

CAP D’AN

Chronique parue ce jour, samedi 2 janvier 2021 dans la page Idées de La République des Pyrénées// Cronica parescuda uei, dissabte 2 de genèr 2021 en la pagina Idées de La République des Pyrénées.

En vérité, l’air du temps est glacial et nous nous chauffons comme nous pouvons, en espérant que le vaccin ARN Messager vienne exiler, au fin fond de notre galaxie, cet horrible SARS-CoV2. « Rien n’est moins sûr ! » clament les opportunistes de tout acabit — Nicolas Dupont-Aignan (2), entre autres…— qui sont prêts à tout pour faire fructifier leur commerce électoraliste…

Je me suis levé à l’aube hivernale. La nuit s’enfuyait. Le vent s’était calmé. De-ci, delà, un oiseau chantait sur son arbre. Le soleil annoncé vagabondait sans doute encore derrière les sommets bigourdans. J’ai songé à tout ce que nous avions vécu depuis le mars 2020 et ce que nous vivrons demain, quand le temps aura déroulé son éternel ruban de jours et de nuits. À ce qu’on nous dit, il n’y aura pas d’amélioration de sitôt, du côté de l’épidémie.

Au cas où vous n’auriez pas entendu sa rumeur, l’élection de 2022 est déjà à trépigner au seuil de nos villes et villages. Il y a de quoi désespérer le citoyen bienveillant que je suis. On me dira que le combat politique a des raisons que le cœur n’a pas, que la fin appelle tous les moyens… Je m’en moque. Cette longue et inexorable campagne électorale finira par en lasser plus d’un.

Que ferai-je ? Essayer de ne pas attraper de la Covid. L’a-t-on oublié ? Il contamine, encore, un nombre conséquent de nos compatriotes quand elle ne les tue pas. Un article (3) du « Monde » nous montre combien le désarroi du personnel des crématoriums, des Ehpad et des hôpitaux de la ville de St Etienne est grand, face aux nombre croissant de décès et à la douleur des familles.

Le jour est venu enfin. j’ai voulu croire que le mauvais temps était derrière nous. Le soleil a enfin percé, là-bas, sur le « Mont-Agut » (il l’est vraiment). La nouvelle année se réveillait sous de bons auspices. Je pouvais marcher, volontaire, sans peur et sans reproche, sous le ciel clair de toutes les espérances.

Bona Annada 2020

1. 30 décembre 2020.

2. L.F.I. 31 décembre 2020

3. Rémi Barroux, Le Monde, du 29 décembre 2020