Chronique parue aujourd’hui, samedi 28 novembre 2020, dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées// Cronica pareguda uei, dissabte 28 de noveme 2020, en la pagine Débats deu diari La République des Pyrénées.
Que fera demain la littérature de cette longue et étrange période ? L’écrivaine ou l’écrivain qui tentera de rendre la réalité de ces temps troublés, sera dans l’obligation d’en saisir tous les aspects. La promesse, la narration et le style du roman à venir contribueront peut-être à sa réussite. L’ouvrage nous fera-t-il, pour autant, l’annonce de son extinction ? Rien ne dit que les vagues de cette océan viral ne viennent un jour à s’épuiser. Les épidémiologistes sérieux, il en existe, nous disent qu’ils sont loin de maîtriser ce satané SARS-COV-2. Aujourd’hui encore on espère et on doute.
Ce qui m’a saisi, hier, en faisant mes « crompas » (1) dans un supermarché de la Vath Vielha (2), c’est le murmure de l’angoisse que je percevais sous l’insupportable musique d’ambiance… J’observe que le Béarn masqué exprime tous les symptômes d’une dépression qui a gagné nombre de nos concitoyens. « Ueratz ! » (2), nous ne serrons plus la main de l’ami ou du voisin. Nous n’embrassons plus nos êtres chers. Nous prenons nos distances : l’autre pourrait être cas-contact voire contaminé. Nous nous méfions de tout et de rien. La comptabilité des personnes décédées nous y pousse.
Certes, un vaccin est annoncé. Il sera, dit-on, administré dès janvier. Des vaccins, devrais-je dire. En effet, une ribambelle de laboratoires s’emploie, de par le monde, à gagner le marché très lucratif de sa commercialisation. Vaccins coûteux pour nos finances publiques. Il pleut des milliards. On repense, en souriant, aux temps naguère où on proclamait haut et fort les vertus de l’austérité néolibérale à tous les étages. En outre, pensera-t-on aux pays démunis et à leurs populations qui le sont encore plus ?
Nous restons attentifs, silencieux. Nous contemplons toutes les couleurs d’un ciel changeant. Nous avons basculé bel et bien dans un autre monde où le soleil d’automne semble fuir nos journées, où la nuit appelle une aube indécise où, miracle, un vol de « palomas » (3) s’évade vers nos montagnes… Allez, ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas malheureux Ne lisons-nous pas, plus qu’avant ?
1. Courses.
2. La vielle vallée du gave de Pau
3. Voyez
4. Palombes.