Chronique parue ce jour, samedi 23 mai 2020 dans la page Débats du quotidien régional La République des Pyrénées.//Cronica parescuda uei, dissabte 23 de mai 2020, dens la pagina Débats deu diari regionau La République des Pyrénées.
© Sèrgi Javaloyès
© La République des Pyrénées
Hier matin, de bonne heure, j’ai regardé le ciel brumeux que le vent de Nord-Ouest déchirait ici ou là. Sa fraîcheur me disait que la chaleur précoce que nous subissons, depuis quelques jours, allait nous être plus douce. J’attendais quelqu’un. Plutôt, j’espérais l’arrivée de l’oiseau qui survole, depuis l’été dernier, notre petite contrée. Il a un peu tardé. Il avait sans doute d’autres priorités. J’ai réussi à l’observer, longtemps. Durant ce temps arrêté, je n’ai pas pensé au Covid et au « déconfinement ». Hélas, les infos m’ont parlé de ces plages bretonnes qui avaient été fermées pour les incivilités d’une foule qui s’était ruée sur leur sable celtique. À dire vrai, la claustration contrainte ne pouvait qu’inciter ce déferlement irrationnel pourtant inadéquat, eu égard aux préconisations des autorités politiques et sanitaires qui répètent à satiété que la Covid ne s’est pas évadée, comme d’aucuns le prétendent encore. On dira, bons apôtres, que ces braves gens étaient pressés d’en finir avec leur prison respective. Cependant, le nombre de stations balnéaires landaises qui voient débarquer des touristes en masse, venant des « zones écarlates » a de quoi inquiéter. C’est incroyable comment les distances séparant la Gascogne et l’Île de France aient pu raccourcir si rapidement ?
Je reviens à notre rapace. Il faut le voir user des courants atmosphériques pour planer, reprendre de l’altitude et fondre sans crier gare sur sa proie ! Il a d’ailleurs dérobé une cuisse de poulet, grillant sur un « barbecue », au grand étonnement du cuisinier qui la pensait imprenable… Il s’en est d’ailleurs fait un compagnon fidèle. Souvent, la buse lui rend visite, pour recueillir, d’un coup d’aile, le fruit de cette relation affectueuse. À toute chose malheur est bon, dit-on. En effet, pendant notre long confinement, une ribambelle d’oiseaux nouveaux m’est apparue. Je ne pourrais en faire la liste tant je suis incapable de tous les nommer. J’espère qu’ils resteront parmi nous, malgré tout ce qui les empêchent de vivre libres et vivants, comme notre amie la « tora » (2).
1. La buse.
