CRONICA PARESCUDA UEI DISSABTE 17 DE MAI 2025 EN LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
CHRONIQUE PARUE AUJOURD’HUI SAMEDI 17 MAI 2025 DANS LA PAGE » DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
Jeudi matin, la pluie, notre compagne printanière, tombait de plus belle. J’avais mal dormi. Une banalité, me direz-vous. Je n’avais trouvé le sommeil que fort tardivement. J’ai ouvert la fenêtre, la nuit était silencieuse, consolée. Très loin, une « cavèca » (1) disait son conte. Il faisait frais. Je cherchais vainement la lune. L’obscurité totale.
J’avais en effet suivi in extenso la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire qui entendait François Bayrou. Au réveil, j’en gardais encore un sentiment pénible. J’ai bu mes deux cafés, ai sorti le chien, ai vu que nos deux martinets nichaient dans notre garage. Il pleuvait encore.
Ce matin-là, j’ai repensé à ces vieilles années lorsque j’étais lycéen à Nay. Cette chronique oubliée m’est revenue. Elle m’a bredouillé les échos d’une époque où la seule évocation de Bèth Arram dressait les oreilles de mes camarades. Certains, vingt ans après, me confessèrent que leurs parents les en avaient menacés, s’ils venaient à filer du mauvais coton. Bon gré, mal gré, ils en tinrent compte, et Dieu sait s’ils étaient mal partis !
Au début des années 1970, la rumeur flottait dans l’air de la ville comme une brume épaisse. Le vent de l’oubli volontaire s’empressait de la dissiper. On savait sans savoir. Pourtant.
Vint l’annonce en 1998 des crimes sexuels, l’arrestation de Carricart et son suicide dans le Tibre à Rome. La presse en parla, et j’avoue que je n’en ai aucun souvenir. Le temps a passé, « totun ! » (2), et notre mémoire s’est effilochée. J’ai tenté de poser des mots sur ce silence plus ou moins consenti par mes compatriotes de cette contrée où je vis depuis des décennies et dont les us et coutumes m’échappent encore.
Les averses ont cessé. Un ciel baudelairien menaçait comme s’il désirait me confier le malaise qui m’avait saisi au saut du lit. J’ai lu notre chère « République » puis « Le Monde » sur cette redoutable commission d’enquête qui cherchait à tout prix la vérité. Laquelle ?
Au bout de cinq heures d’indéniable tension, la nuit avançant, je me suis dit que l’objet de cette commission avait subi quelques altérations par l’étrange et zélé procureur Paul Vannier.
1. Chouette
2. Quand même !

