CHRONIQUE PARUE CE JOUR, SAMEDI 26 AVRIL 2025 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
CRONICA PARESCUDA UEI, DISSABTE 26 D’ABRIU 2025 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
La fenêtre est grand ouverte sur le prunier. Un souffle rafraîchi le frôle de ses mains délicates. La forte fragrance du lilas accueille mon réveil. La nuit a été courte, habitée par songes et cauchemars. Je les note fidèlement depuis plus de 50 ans. D’aucuns s’en étonneront. Peu importe, chacun voit midi à sa porte.
Je me lève, le soleil pérégrine à l’Est. Il fait beau et je m’en étonne. La pluie n’avait-elle pas cessé de tremper la vieille vallée depuis une semaine ? Deux inséparables tourterelles roucoulent sur la ligne électrique affaissée. J’espère que cette nouvelle journée me verra plus en forme. Chaque jour est une petite victoire. Hier encore, je rendais visite à un établissement de santé et me disais combien l’affluence parle de la maladie sous toutes ses formes. Nos compatriotes attendent que leur numéro s’affiche sur l’écran dédié pour accéder au guichet correspondant. Attendre encore et toujours, voilà tout !
Je reste à observer cette partie du jardin où l’herbe accueille des insectes que j’avais perdus de vue. M’est revenu en tête les « escarvalhs » (1) de mon enfance. Certains s’accrochaient à nos cheveux longs et nous les chassions illico quand d’autres cruels les massacraient gaiement. Où sont-ils donc passés ? Disparus avec l’utilisation du glyphosate et autres joyeusetés chimiques. Qui s’en souvient ? Qui s’en soucie ? Il faut être un observateur iconoclaste pour s’en alerter. On dira que je suis incorrigible.
Je m’en moque comme de ma première équipée lorsque la solitude guidait mes excursions sylvestres. Les hêtres y étaient majestueux, les chênes protecteurs, l’écureuil apeuré, et le tendre et frais ruisseau m’offrait une paix absolue. Il m’arrive parfois de les côtoyer. Je n’y retrouve plus ce qui faisait de ces pèlerinages des rendez-vous avec l’âme profonde de la forêt. Le soleil est haut. Le parfum du lilas enivre. Soudain, je vois la superbe « pupa » (2) se poser. Elle ne m’avait pas rendu visite depuis l’automne dernier.
1. Hannetons.
2. Huppe.

