CHRONIQUE PARUE SAMEDI 1er FÉVRIER 2025 DANS LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CRONICA PARESCUDA DISSABTE 1èr DE HEURÈR 2025 EN LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
Que sait-on des hommes et femmes que nous croisons chaque jour ? Sans doute, leur visage et leur voix révèlent-ils parfois leur identité lorsqu’ils répondent à notre habituel adishatz ? Que sait-on des hommes simples, ces possibles héros que nous connaissons sans vraiment les connaître ? Georges Zamore était de ces humbles. Inconnu à Bordeaux, à Toulouse, plus loin encore, les Nayais savaient le saluer et l’apprécier. Sa gentillesse, sa bonté dirais-je, était toujours donnée sans calcul. Son sourire avait valeur d’humanité offerte à tous. Je le contrepassais de temps à autre et nous parlions bearnés, la langue d’oc que ses parents lui avaient transmise. Il l’aimait, cette langue menacée. Il m’avait confié quand il travaillait encore au lycée Saint-Cricq qu’il avait été stupéfait d’entendre un jeune adolescent la parler comme père et mère. Le gave, ses courants, ses remous, ses murmures, n’avait plus de secrets pour lui. Je ne sais plus désormais le nombre d’heures humides et fraîches que j’ai passé près de lui à observer, admiratif, ses techniques de pêche à la truite. Il y a bien longtemps, il fut le professeur tolérant et attentif du pêcheur maladroit que j’étais. Il avait aussi ses habitudes et chemins dans les bois et bosquets dont il gardait le secret. Un vrai boscassèr (1) ! Le cep, son autre passion, le champignon roi, comme il disait. Il était aussi un trompettiste, un trompettiste de banda, Los Campañeros d’Arròs dont il était un animateur dévoué et dynamique. Un boute-en-train, sachant aussi rire de lui-même. Je sais combien tout cela irrite et déplaît à nos chers compatriotes qui voient là vulgarité et mauvaise culture. Ce mépris m’insupporte, me révolte. Que sait-on des hommes simples, ces héros du quotidien, que d’aucuns par bêtise ou convention sociale, ignorent, moquent. Mercredi dernier, pour ses aunors (2) l’église Saint Vincent était à l’unisson de cet homme, un citoyen, digne d’affection et de respect.
« Adiu, Jojo ! »
1. Coureur des bois.
2. Obsèques.

