Chronique parue aujourd’hui samedi 6 janvier 2024 dans la page « Débats et Opinions » du quotidien La République des Pyrénées.
Cronica parescuda uei dissabte 6 de genèr 2024 en la pagina « Débats e Opinions » deu diari La République des Pyrénées.
En ce jour pluvieux, je m’interroge sur ce qu’il adviendra demain et après-demain de notre société. N’étant ni prophète, ni devin — que Dieu m’en garde ! — je constate une fois de plus qu’il est vain d’imaginer l’inimaginable. Certes, la presse y va de ses prédictions ; les voyants et voyantes de leurs visions tragi-comiques. J’ai peine à croire qu’elles se réaliseront. Un peu de raison raisonnable ne nuit pas à notre équilibre. L’avenir, quelle histoire ! Cependant, l’inéluctable dérèglement climatique viendra réitérer son message angoissant. Je sais, nombre de ceux qui le récusent se verront bientôt contraints de l’accepter dans la douleur du démenti, et donc de la défaite d’une pensée conservatrice ou réactionnaire. Ce qui m’interroge le plus, c’est le refus forcené du mal ontologique qui l’a nourrie. Il n’a jamais cessé de manifester sa violence irraisonnée depuis que je suis en âge de regarder les yeux dans les yeux le monde. Depuis 1945, les génocides n’ont jamais cessé de massacrer et déporter hommes, femmes et enfants. J’ai retrouvé (je rangeais mon sempiternel « rambalh » (1)) un article du « Monde », sur le 20ème anniversaire de la prise Phnom Penh, capitale du Cambodge, le 17 avril 1975, par les Khmers rouges. Nous savons quel abominable enfer ces maoïstes radicaux ont délibérément créé, et le génocide qui y fut perpétré. Depuis lors, la liste est « éloquente ». Pourtant, ce sanglant passé n’a en rien changé notre présent. Changera-t-il notre avenir ? Je crains fort que non. Faut-il croire que les femmes et les hommes n’ont pas de mémoire ? La Shoah continue d’être contestée quand elle n’est pas carrément niée par nos éternels négationnistes. La commémoration du 79 ème anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques sera le 27 janvier prochain. Que son souvenir soit toujours présent dans nos esprits et surtout des plus jeunes. La vie doit toujours primer.
J’entends ce jour ma mère me répéter : « Vivre, lutter toujours ! » Fréderic Nietzche (2) a cette parole : « (…) Vivre — serait-donc : être impitoyable pour les agonisants, les misérables et les vieillards ? être sans cesse un assassin ? — Et pourtant le vieux Moïse a dit : « Tu ne tueras point. »
1. Bazar.
2. « Le Gai savoir », Folio essais, p. 76.

