CHRONIQUE PARUE HIER, SAMEDI 16 DÉCEMBRE 2023 DANS LA PAGE « DÉBATS & OPINIONS » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
CRONICA PARESCUDA GER, DISSABTE 16 DE DECEME 2023 EN LA PAGINA « DÉBATS & OPINIONS » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
Hier matin, la brume avait pris ses quartiers d’hiver. De temps à autre, quelques corneilles — à ne pas confondre avec les corbeaux — sautillaient, joyeuses, dans les chaumes de maïs. J’ai une fois encore constaté combien la circulation est intense sur la voie-express aux premières heures de la journée. L’agglomération paloise semble s’étendre jusqu’au piémont, jusqu’en montagne. De nombreuses nouvelles maisons d’habitation se bâtissent jusqu’à « La Herrèra » (1) à 600 mètres d’altitude. Ce qui n’est pas la porte à côté pour les personnes qui travaillent à Pau. Cet éloignement choisi ou contraint les oblige à l’utilisation journalière d’un véhicule, quel que soit l’objet du déplacement. Le règne de l’automobile est loin d’être aboli. Le président n’a-t-il pas clamé son amour pour la bagnole ? Il faut se rendre à l’évidence nous ne sommes toujours pas près d’abandonner notre sacrée « bagnole », grand émetteur de CO2 ! Les trains ? Quasi inexistants entre Tarbes et Pau. L’idée d’un « métro de surface » entre ces deux villes serait à l’étude… Les autobus départementaux ? Ils fonctionnent et ne sont pas onéreux. Hélas, ils sont boudés ou ignorés. J’en ai fait le constat l’autre jour. Deux jeunes gens faisaient du stop près de la mairie à quelques mètres de l’arrêt. J’ai osé leur suggérer d’y attendre le bus. Ils m’ont répondu, gênés, qu’ils préféraient lever le doigt. Il pleuvait, pourtant. Je fais partie des usagers de la voiture pour de courts voyages. J’ai beau me gendarmer, je rechute. « Mea culpa ! » Lorsque je suis sorti du centre d’imagerie, lieu oh combien angoissant, je suis resté sous la bruine à admirer le ballet des « agraulas » (2). Je les aime. C’est ainsi ! Lorsque je revenais de l’école, je m’arrêtais devant la forge de M. Debaigt. Dans sa main gauche un grand soufflet activait le foyer et dans sa main droite, le marteau forgeait des « destraus » (3). Plus fascinant encore, sa corneille dressée. Elle sortait librement de sa cage et criait : « A bas de Gaulle ! » C’était il y a fort longtemps, et de voitures, il y en avait peu.
1. Ferrières, vallée de l’Ouzom.
2. Corneilles.
