CHRONIQUE PARUE LE SAMEDI 27 DÉCEMBRE 2025 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
CRONICA PARESCUDA LO DISSABTE 27 DE DECEME 2025 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
La lumière blafarde d’une journée pluvieuse et froide s’étire, lasse. La clarté tousse et tousse encore. Elle rend lentement l’âme sous le crachin. Elle renaîtra dès le lendemain lorsque la nuit viendra s’époumoner, s’épuiser puis disparaître.
La veille de Noël et son calme. Son annonce avait été proclamée et répétée à souhait, marchandisation oblige. Existe-t-il une alternative à ce déferlement consumériste ? Comme si la moindre parcelle de nos vies n’était que produit négociable. Nadau n’est donc qu’un marché, un vaste et international marché ? L’argent est devenu empire. Que n’a-t-il pas dévoré ?
N’ayez crainte, je n’y échappe pas. Je constate néanmoins que des millions de personnes ne pourront pas être comme vous et moi. La pauvreté est leur lot commun. Une banalité, direz-vous. Sans nul doute une plaie profonde à notre démocratie.
Dans quelques heures, les souvenirs d’enfance habiteront le ciel troublé de nos mémoires. Cette « douce nuit » — las, elle ne l’est pas toujours — parle du très lointain passé où l’enfant ne savait pas qui il était et encore moins ce qu’il serait. Il essayait tant bien que mal de comprendre les mots de ses parents et grands-parents. Il vivait ailleurs, en son royaume de bons et mauvais rêves.
Petit ours craintif dans sa tanière, attendant l’aube froide comme un merveilleux cadeau. Il rêvait de grands voyages. Les horizons fuyaient plus vite que son imagination. La liste des jouets avait-elle été faite ? Il n’en savait rien. Les temps étaient frileux et parfois mauvais pour les siens. De toute façon, le vieux visiteur nocturne répondrait à son appel. Il attendait. Rien n’était écrit, Dieu merci.
La nuit pluvieuse et froide est tombée. On annonçait la neige. Le chien roux a pleurniché. Je l’ai réconforté et l’ai promené. Je marche bonnet enfoncé sur la tête, une grippe est si vite attrapée. Bientôt, il faudra revenir sur mes pas et simplement vivre et espérer.
Bon Nadau !

Espérer !

