Chronique parue hier, samedi 21 mai 2022, dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda ger, dissabte 21 de mai 2022, en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

Désormais il est de coutume d’entendre une connaissance (qui se veut « branchée ») sur un ton amusé : « C’est chaud ! » ou « c’est chaud bouillant ! » On nous signifie ainsi que la situation présente ou future sera difficile et peut-être ardue. Faut-il penser que le climat influencerait notre langage ? Il est vrai que nos derniers printemps ont ressemblé à des étés précoces ; la canicule étant sur toutes les lèvres. Qui s’en avisait et s’en avise aujourd’hui ? Sans nul doute les climatologues du GIEC (1) dont peu de nos élus et responsables lisent les rapports. Ils sont hélas trop souvent « courtermistes », ménageant parfois quelques puissantslobbys. La chaleur torride de ces dernières semaines nous rappelle les conclusions de ces experts. Elle nous pousse à imaginer un mois de juin 2022 où les températures diurnes dépasseront les 40°. Vivrons-nous bientôt ce que Indiens et Pakistanais supportent ? Hier, 50° à New Delhi ! On nous dira, pour nous rassurer, que nous ne subirons pas de sitôt cet enfer caniculaire. Vraiment ? Il est vrai que la vie quotidienne d’un grand nombre de nos concitoyens est surtout bousculée par la hausse des prix et ses conséquences concrètes. Le climat n’est pas le premier de leurs soucis. On peut « de segur » (2) les comprendre. Assurément, chacun voit la crise climatique à sa porte et s’en accommode comme il peut. Certains l’ignorent. D’autres s’en moquent comme de leurs premières sudations enfantines. D’autres encore, éternels complotistes, la refusent. Pourtant, quoi qu’on pense, nos printemps, nos étés, nos automnes et nos hivers ne seront plus comme avant.
1. Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat.
2. Bien sûr.
