CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 4 AVRIL 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CRONICA PARESCUDA GER DISSABTE 4 D’ABRIU 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »
Hier, revenant de Pau, le temps était à la bruine et au froid. Je constatais, face à moi, que les Pyrénées recevaient une belle dose de neige. Les essuie-glaces balayaient lentement les derniers dépôts de pollen. L’amalgame était jaune voire orangé. Drôle de mélange, à vrai dire. La circulation sur la voie express était dense et ralentie. J’ai regardé machinalement le compteur de mon véhicule et j’ai constaté qu’une petite lumière rouge clignotait et m’indiquait que le réservoir était presque à sec.
J’y suis, je l’avoue, bien plus attentif que je ne l’étais auparavant. Il fallait voir l’interminable queue devant la station-service de la multinationale bien connue sise à Pau, route de « Tarba », pour se convaincre de l’importance du prix des carburants pour nos concitoyens et notamment les plus modestes d’entre nous.
Le prix à la pompe, s’est en effet bel et bien envolé et n’est pas près de s’arrêter. Je le crains. Un média engagé prétend même que Total va engranger plus d’un milliard d’euros de bénéfices supplémentaires, grâce à cette folle augmentation des hydrocarbures. J’avais entendu la veille à la radio que le prix du litre de gazole avait allègrement dépassé les 2 euros.
J’ai donc rejoint, comme vous tous, la station-service la plus proche de mon domicile. J’ai rangé ma voiture à la pompe, ai introduit ma carte bancaire dans le terminal de paiement, ai tapé le code. Le terminal a refusé puis j’ai réitéré. Il a fini par accepter. J’ai dévissé posément le bouchon du réservoir et me suis saisi du pistolet de distribution. Je l’ai in fine introduit dans l’obturation externe du réservoir.
« De tira » (1), le bruit coutumier de l’écoulement du carburant m’a incité à regarder de plus près le prix défilant à grande vitesse. Le réservoir dûment rempli, j’ai regardé le coût total qui me serait facturé. Il frisait les cent euros. Alors que je tenais encore le pistolet, je fixais les dernières gouttes s’en aller lentement dans le réservoir en me disant : « Quel est le prix d’une goutte de gazole ? »
1. Aussitôt.

