CHRONIQUE PARUE AUJOURD’HUI 7 FÉVRIER 2026 À LA PAGE « DÉBAT & OPINION » DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
CHRONICA PARESCUDA UEI 7 DE HEURÈR 2026 A LA PAGINA « DÉBAT & OPINION » DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES ».
Quand j’ai ouvert la fenêtre de ma chambre, la pluie annonçait sa proche venue. Il faisait frais peut-être froid. Je ne sais plus, maintenant. A l’Est, un liseré de clarté diffuse subsistait encore, témoin d’un soleil éclipsé par la masse nuageuse. Instant fragile du rituel que le point du jour nous offre.
Je ne sais toujours pas si le regard que je porte sur mon proche « biotope » est partagé par les lecteurs de cette humble chronique (elle fêtera bientôt son 24ème anniversaire). Récemment, certains lecteurs m’ont fait reproche de ne pas traiter de l’actualité incandescente. Je ne suis pas éditorialiste mais écrivain.
Je suis convaincu, depuis mes premiers pas de chroniqueur, que je n’aurai pas pu le devenir. En revanche, ce qui me nourrit ce sont les « vies minuscules » des hommes et le monde animal qui les fréquente. Ouvrir grand les yeux, dès les premiers instants d’une journée à vivre, sur ces quelques hectares qui sont mon proche mitan, m’envoûte.
Découvrir un nouvel aspect de la vie menacée des oiseaux que d’aucuns, hélas, ne soupçonnent même pas. Un merle effaré a fui avec son cri sans pareil. A-t-il attrapé les vers qu’il chassait en tapotant la terre de ses petites pattes ? J’ai toujours pensé qu’il dansait pour les attirer, les surprendre et les kidnapper sur le champ. Regarder fixement les pinsons des arbres cherchant leur pitance parmi les feuilles mortes de l’érable du Japon.
Lever les yeux et assister, dans le grand ciel, à la chasse silencieuse du « mialòc » (1) et admirer le cortège carnavalesque des nuages. Oui, regarder, observer m’a toujours ravi. J’ai vu le merveilleux ballet de deux pies, revenues peut-être sur le lieu de leur nid bâti au printemps dernier. Mardi-matin au marché, je suis tombé sur un vieux camarade qui m’a avoué son amour secret pour le « gòlis » (2). Sa confession m’a ému. Le ridicule, « Diu me dau » (3) , n’a jamais tué personne !
1. Milan.
2. Rouge-gorge.
3. Ma parole !

