Chronique publiée hier samedi 7 mai 2022 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica publicada ger dissabte 7 de mai 2022 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Je n’ai jamais aimé les courses automobiles. Celle de Pau n’y échappe pas ! La voiture a toujours été pour moi un mal nécessaire. J’ai d’ailleurs eu toutes les peines du monde à décrocher mon permis de conduire. J’y étais rétif. On me dira que ceci explique cela. J’entends mais reste malgré tout un fidèle opposant à ce que d’aucuns appellent « sport automobile ». Les fanatiques des vrombissements, des accélérations tonitruantes, des passages réitérés des bolides, vont me bénir. Qu’importe, cela ne me fera changer d’avis. L’autre jour, me rendant à « Tarba », passé le col de Lagòs, j’ai constaté — c’est une constante depuis des lustres — que la voiture est une des premières causes de la forte mortalité d’animaux sauvages dont les « ariçons » (1), « esquiròus » (2), « lèbes » (3) et lapins », etc. Et ne parle pas des oiseaux, insectes et batraciens qui sont les très nombreuses victimes des pesticides comme l’expertise scientifique commandée par trois ministères sur les impacts de ces produits sur la biodiversité, les zones humides, les ruisseaux et rivières, le milieu marin, le montre. Nos compatriotes semblent ne pas voir ce désastre. Je sais, pour l’avoir naguère vécu, leur vie est faite de courses, de tours, d’accélérations, qui ne leur laissent guère le temps de constater la détérioration des milieux dans lesquels qu’ils vivent. Peut-être suis-je un privilégié ? Sans doute. Il n’en demeure pas moins que, depuis que je suis en âge d’ouvrir les yeux, j’ai toujours observé cette nature qui s’est lentement mais sûrement dégradée. Il suffit d’arrêter de courir pour en faire le triste constat. Elle est pourtant notre compagne bienveillante. Notre salut.
1. Hérissons.
2. Écureuils.
3. Lièvres.

