CHRONIQUE PARUE HIER SAMEDI 13 FÉVRIER 2022 DANS LA PAGE « DÉBATS » DU QUOTIDIEN LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES.
Où est donc passée la campagne ? Chaque jour qui s’enfuit m’interroge. Certes, l’extrême-droite se déchire, les ralliements vont bon train. Certes, les convois de la liberté voyagent. S’y côtoient anti-vaccin, anti passe-sanitaire, gilets-jaunes, et éternels conspirationnistes. Certes, Sarkozy ne se prononce pas. Idem pour Emmanuel. Que dire encore ? Mais, à part cette agitation erratique, rien ne semble changer en profondeur cette période préélectorale. « Ô, temps suspends ton vol… » écrivait Lamartine. Nous n’avons pas fini d’attendre. Pourtant, on nous annonce d’imminents rebondissements voire une « Divine surprise » (1) qui mettrait le pays sens dessus dessous. Un tremblement de terre qui nous laisserait sans voix, déjà exilés d’un régime autoritaire que feu Francisco Franco ou Victor Orban, le président hongrois, ne pourrait renier. Pour l’instant, les chaînes d’information en continu retransmettent à l’envi les images des meetings produites par les candidats. Elles courent après l’audience, cet insatiable ogre télévisuel. Et je ne parle pas de la litanie des sondages qui sont devenus, élection après élection, une météorologie électorale à laquelle il est difficile d’échapper. Si ce n’est rejoindre une île du Pacifique où les vagues d’un clair océan berceraient notre fuite. Hélas, le rêve n’a jamais eu sa place dans notre histoire électorale, qui plus est présidentielle. Il est loin le temps où tout nous paraissait simple — peut-être était-ce déjà une illusion ? — où deux camps s’affrontaient. Où une alternance tardive nous offrait une respiration inespérée dans une République fatiguée, essoufflée, centralisée à l’extrême. Que se passe-t-il ?
1. Expression de l’écrivain Charles Maurras, fondateur de l’Action Française, du 9 février 1941 lors de la prise de pouvoir du Maréchal Pétain.

