La version anglaise de L’Òra de partir, mon premier roman, déjà publié en français et en catalan, vient de voir le jour aux éditions Francis Boutle publishers à Londres : https://francisboutle.co.uk/products/a-time-to-split/

Bloc-notes des articles, chroniques et recensions effectuées pour la presse et les revues littéraires
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Chronique parue ce jour, samedi 11 décembre 2021, dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda uei, dissabte 11 de deceme 2021, en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Les 18 et 19 juin 2013, un déluge s’abattait sur la vallée de Gavarnie où le jeune gave dévale, traverse la Bigorre et devient vite gave de Pau. Je me souviens de l’avoir vu, ces jours-là, crier sa fureur. Il cognait dur le pont de Clarac à Nay et s’en allait dévorer rives et saligues des villages de la Vath Vielha. J’ai revu cette crue qui nous disait déjà combien le dérèglement climatique était à l’œuvre. Combien aussi certains accueillant, sur ce même pont, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, sous la présidence de François Hollande, criaient au scandale, tentant en vain de lui faire porter la responsabilité de cette « catastrophe ». J’ai repensé alors à une lecture ancienne de la « Genèse » parlant du déluge et de l’arche de Noë. J’en ai retrouvé le passage qui m’avait marqué, enfant : « (…) Les eaux s’élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes. Tout ce qui se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les animaux, tout ce qui rampait sur la terre, et tous les hommes. » Certes, le récit biblique nous livre, comme toujours, un message sollicitant l’homme que la foi habite mais ces quelques lignes tirées d’un extraordinaire roman — quel roman ! — devraient nous interpeller, nous qui voyons le retour désormais régulier d’une pluie diluvienne qui s’éternise… Hier, le gave criait à nouveau sa colère. À qui s’adresse-t-il ? Parfois, j’ai l’impression qu’il nous demande d’ouvrir grand les yeux sur ce climat qui ne sait plus à quel ciel se vouer. J’ai lu, « Après nous le déluge » (1), roman d’Yvan Robin. Un chef d’œuvre noir comme l’onyx. Sa voix est forte comme le cataclysme planétaire qui hurle notre inconscience. Une « Genèse » à l’envers qui nous bouscule, à tel point que sa crue poétique nous emporte loin, très loin où la littérature atteint cette vérité brutale qui dépasse la réalité de nos banales existences.
1. https://www.editionsin8.com/
