LOUIS-FERDINAND…

Chronique parue aujourd’hui, samedi 14 mai 2022, dans la page Débats du quotidien « La République des Pyrénées » // Cronica parescuda uei dissabte 14 de mai en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

Avec lui, c’est toujours pareil. Lorsque claque son prénom au ciel de la notoriété — quel prénom d’ailleurs, il se suffit à lui-même ! — il n’y a rien à faire on sait qu’il va occuper tout l’espace médiatique. Et ça n’a pas manqué. Je n’ai pas hésité, j’ai vite acheté « Guerre » (1) chez Cécile Peyrucq, à Nay (Nai) et l’ai lu dans la foulée, « viste hèit, plan hèit » (2). Son histoire, cent fois répétée, est en elle-même un autre roman. Cela lui ressemble bien au Destouches, à nous prendre en traître, lui qui le fut naguère. Et même un infâme propagandiste de la Collaboration. Un authentique antisémite ! Je me suis dit : « Il va encore te foutre le complexe ! » Lorsqu’on est écrivain, je peux vous dire qu’il en impose le toubib désargenté, aigri, acerbe, parfois tendre et compassionnel avec ses déshérités. Les autres ? Allez savoir ? J’étais pourtant prévenu. Je me suis frotté au Louis-Ferdinand ! « Mort à crédit », « Le Voyage », « Nord » et aussi « D’un château l’autre ». L’action se déroule pour partie à Sigmaringen en Allemagne nazie où on retrouve tous les immondes de l’État français autour de Pétain. Oui, avec lui, c’est toujours la même musique, le rock des mots avant le rock. Un style Led Zeppelin, avant Jimmy Page ! Cela balance dur et ne vous parle pas de la sexualité. Ça atteint des sommets ! Cet ouvrage « gallimardien » sera bientôt suivi de deux autres (3), trouvés eux aussi dans le manuscrit dérobé et rendu aux ayants-droit. Ferdinand est au front en 1914 dans « l’abattoir international en folie ». Il y est blessé, hospitalisé à l’arrière. Commence alors un récit autobiographique qui, une fois encore, démontre combien Céline a dynamité la littérature française.

1. Gallimard, 184 p., 19 €

2. Vite fait, bien fait.

3. Londres en 2022 ; Enfance en 2023.

RIEN NE SERT DE COURIR

Chronique publiée hier samedi 7 mai 2022 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica publicada ger dissabte 7 de mai 2022 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

Je n’ai jamais aimé les courses automobiles. Celle de Pau n’y échappe pas ! La voiture a toujours été pour moi un mal nécessaire. J’ai d’ailleurs eu toutes les peines du monde à décrocher mon permis de conduire. J’y étais rétif. On me dira que ceci explique cela. J’entends mais reste malgré tout un fidèle opposant à ce que d’aucuns appellent « sport automobile ». Les fanatiques des vrombissements, des accélérations tonitruantes, des passages réitérés des bolides, vont me bénir. Qu’importe, cela ne me fera changer d’avis. L’autre jour, me rendant à « Tarba », passé le col de Lagòs, j’ai constaté — c’est une constante depuis des lustres — que la voiture est une des premières causes de la forte mortalité d’animaux sauvages dont les « ariçons » (1), « esquiròus » (2), « lèbes » (3) et lapins », etc. Et ne parle pas des oiseaux, insectes et batraciens qui sont les très nombreuses victimes des pesticides comme l’expertise scientifique commandée par trois ministères sur les impacts de ces produits sur la biodiversité, les zones humides, les ruisseaux et rivières, le milieu marin, le montre. Nos compatriotes semblent ne pas voir ce désastre. Je sais, pour l’avoir naguère vécu, leur vie est faite de courses, de tours, d’accélérations, qui ne leur laissent guère le temps de constater la détérioration des milieux dans lesquels qu’ils vivent. Peut-être suis-je un privilégié ? Sans doute. Il n’en demeure pas moins que, depuis que je suis en âge d’ouvrir les yeux, j’ai toujours observé cette nature qui s’est lentement mais sûrement dégradée. Il suffit d’arrêter de courir pour en faire le triste constat. Elle est pourtant notre compagne bienveillante. Notre salut.

1. Hérissons.

2. Écureuils.

3. Lièvres.

Çò de simple e de bèth / Ce qui est simple et beau.