Chronique parue le samedi 21 septembre 2019 dans le quotidien La République des Pyrénées// Cronica pareishuda lo dissabte 21 de seteme 2019 en lo diari La République des Pyrénées
© Sèrgi Javaloyès © La République des Pyrénées
Hier matin, j’arrosais nos plantes grasses avec une vieille bouteille plastique quand j’ai entendu sur Inter que des nanoparticules de plastique avaient été trouvées dans le plasma de femmes. Je n’ai pas entendu, hélas, l’intégralité de l’information. La sombre idée qui m’est venue aussitôt est que bientôt nous serions tous constitués d’eau et de plastique et que nous deviendrions ainsi des êtres de plastique. Cela m’a fait froid dans le dos.
On dira que cette anticipation cauchemardesque tient de la pensée catastrophiste. Peut-être ? Pourtant, il ne se passe pas un jour que je ne rencontre, lors de mes pérégrinations, un objet plastique abandonné ; là, au bord de la route ; ici, dans un fossé ; plus loin en forêt ou encore dans l’ « arriulet » (2) qui traverse le « bòsc de Vièr » (3) que je connais depuis ma plus tendre enfance. Même en haute montagne, où les touristes se rendent en masse, on trouve ce type de déchets. Qu’est devenu le Mont-Blanc ? Une décharge à ciel ouvert, fruit du « règne de la quantité » (1) malfaisante et non maîtrisable.
Je ne sais pas si vous y prêtez attention mais le plastique est un envahisseur qui ne dit mot mais qui agit pourtant sur notre santé. Les microparticules de plastique se retrouvent partout dans notre environnement notamment dans les lacs, rivières, mers et océans. Toutes les eaux de la planète sont concernées par l’ampleur de ce phénomène même les glaces de l’Arctique ainsi que l’eau minérale embouteillée, ce qui est, il faut l’avouer, le fin mot du paradoxe !
Hier matin, j’ai fait l’inventaire de ces objets côtoyés chaque jour. Tout m’a semblé constitué de cette matière dont on vantait naguère la facilité d’utilisation et le coût. Saurons-nous nous délivrer de ce mal ? Mon scepticisme a été à son comble quand j’ai entendu Mme Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique, déclarer qu’elle voulait réduire l’emploi massif des plastiques d’ici 2029, alors qu’on annonce un doublement de sa consommation d’ici vingt ans.
1. René Guénon.
2. Petit ruisseau.
3. Bois de Bié.