GUERRES

CHRONIQUE PARUE CE JOUR, 5 MARS 2022 DANS LA PAGE DÉBATS DU QUOTIDIEN « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES //CRONICA PARESCUDA UEI, 5 DE MARS A LA PAGINA DÉBATS DEU DIARI « LA RÉPUBLIQUE DES PYRÉNÉES »

Dans Lo Camin de tèrra — Le Chemin de terre (1) — le beau roman de Bernard Manciet, quelques passages évoquent le bombardement d’Irun par l’artillerie Franquiste lors de la campagne du Guipúzcoa du 19 août au 5 septembre 1936. Manciet, m’a raconté — il était adolescent— qu’on entendait, dans la haute Lande, l’écho lointain des bombes qui tombaient sur la ville frontalière basque. Il avait ajouté, que passée la frayeur première, les Landais reprenaient leurs activités habituelles, comme si de rien n’était. Peut-être pensaient-ils comme un grand nombre de Français que c’était loin et qu’ils n’étaient pas concernés ? On connaissait pourtant le nombre effrayant de victimes civiles dues à l’armée franquiste. Hélas, la France du Front Populaire était alors prise dans les rets de la non-intervention. Léon Blum s’était vu contraint de ne pas envoyer d’armes à la République espagnole par l’opposition de la droite, des radicaux d’Édouard Herriot, du président Albert Lebrun et surtout du gouvernement britannique conservateur de Stanley Baldwin. Pourquoi écris-je cela ? Parce que je lis que d’aucuns, toujours les mêmes, ne veulent pas que la France et l’Union Européenne livrent des armes à l’Ukraine bombardée par l’artillerie lourde de Poutine. Hier, des tanks russes ont tiré sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia ! On cite Jaurès qui disait en 1895 : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage ». Il avait alors raison mais le pacifisme, né de la boucherie de la 1ère Guerre mondiale dont il avait dénoncé l’imminence, a été un naufrage débouchant sur l’humiliation de Daladier face à Hitler, à Munich en septembre 1938. En revanche, la guerre en Ukraine ne nous montre pas deux belligérants mais bien un agresseur russe et une nation libre agressée. Le pire est à venir, et nous nous abandonnerions à une lâche non-intervention ?

1. Trois romans, éd. In8, traduction de G. Latry et la collaboration d’E. Comellas et de votre chroniqueur.

VAQUETAS DAB LAS LORS ESQUIRAS // VACHES AVEC LEURS SONNAILLES

L’EMPIRE

Chronique parue hier, samedi 26 février 2022 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées / Cronica parescuda ger, dissabte 26 de heurèr 2022 a la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

Elle a été remaniée ce jour eu égard à la réalité des derniers échos de la guerre que s’y déroule désormais.

Les ogres, c’est bien connu, ont toujours faim. Celui qui se tient au Kremlin ne déroge pas à la règle. Nos candidats plus ou moins « poutiniens » — faut-il en faire la liste complète ? — semblaient n’y voir qu’une bête menacée dans sa « tuta » (1) moscovite par les U.S.A., son ennemi héréditaire. Ils évoquaient fortuitement un complot ourdi par les puissances occidentales. L’Otan a, il est vrai, sa logique politique. Mais l’Ukraine n’en était pas membre, que je sache. Elle aspirait plutôt à rentrer dans l’Union Européenne. Néanmoins, on trouve des excuses à l’ogre russe et ses comparses. On nous dit que cette « nation de nations » a été humiliée après l’effondrement de l’Union soviétique. On prétend même que nous en serions responsables. C’est Hubert Védrine, revenu fissa du Rwanda, qui l’affirme. De là à nous déclarer coupables de l’agression militaire à laquelle se livre Poutine, il n’y a qu’un pas. On n’est pas à un interprétation près. La puissance militaire russe pensait-on ne ferait qu’une bouchée de la modeste armée ukrainienne et les mêmes nous parlent, désormais, de neutralisation de l’Ukraine. Ce qui, en d’autres termes, signifierait une reddition, une annexion, et une nouvelle expansion de l’Empire. A Kiev, pas de clairière de Rethondes où fut signé par Pétain la capitulation de la France en juin 1940. Soyez sans craintes, l’ogre russe en trouvera bien une, enneigée pour ce faire. Décidément, ceux qui nous rebattent les oreilles depuis des lustres avec leur patriotisme, leur souverainisme, sont de bien étranges patriotes. N’ont-ils pas tout accepté de Poutine : la Tchétchénie, la Crimée, la Syrie ? Jeudi le réel les a rattrapés et les a obligés à un virage à 180 degrés. Je ne sais pas — qui le saurait ? — si cette guerre déjà meurtrière, à quelques heures de vol de Pau, aura des conséquences sur la campagne électorale ? J’espère que les démocrates de ce pays en tireront toutes les conséquences.

1.Tanière.