Chronique parue ce jour samedi 18 septembre 2021 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica pareguda uei 18 de seteme en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Mercredi-soir, l’orage et son déluge nous ont clairement annoncé la fin de l’été. Il avait pourtant tenté par ses soubresauts caniculaires d’exister encore. En vain, il fallait se rendre à l’évidence, qui est, soit dit en passant, un pays où peu s’aventurent. L’après-midi, je cheminais près entre Montaut et « Coarrasa », le « milhòc » (1) — qu’on arrosait copieusement —, exhibait ses couleurs automnales. La touffeur était à son comble. Elle m’insupportait, et j’espérais, à chaque pas, la pluie salvatrice. Je fus entendu. Par qui ? Je ne saurais vous dire. Je me disais, gravissant une longue côte au soleil de septembre, qu’en Louisiane, patrie de William Faulkner (toute son œuvre transpire ce climat), le régime subtropical produit des ouragans détruisant tout sur leur passage. « La face nord du cœur », le dernier roman de Dolorès Redondo en est d’ailleurs le décor. Décidément, je ne pourrais pas vivre dans ces pays. Du reste, je me demande bien ce que j’y ferais ?
On nous dit que demain ou peut-être après-demain, le Béarn, comme les autres « parçans » (2) pyrénéens, sera soumis à ce type de climat. Je sais, vous allez me dire que j’exagère, que je suis désormais sous la coupe d’écologistes enfiévrés et apocalyptiques. Non, je prends le temps d’observer ce qui m’entoure et constate, chaque jour un peu plus, la lente dégradation de notre environnement.
Certes, d’aucuns, et ils sont encore nombreux, préfèrent détourner leur regard. Ils pensent que les avancées scientifiques nous permettront de continuer à vivre comme avant. D’autres regardent toujours devant eux, au risque de concevoir leur monde comme une autoroute où la folle vitesse les transporte vers d’autres cieux plus cléments. Mais, en existent-ils encore ? Jeudi-soir, l’orage est revenu pleurer son trop-plein d’amertume. Bientôt, les excès climatiques de l’été seront sans doute oubliés. Ainsi de suite…
1. Maïs.
2. Pays.

