AUTANT EN EMPORTE LE VENT

Chronique parue ce jour, 6 mars 2021, dans la page Idées et Débats de La République des Pyrénées//Cronica pareguda uei, 6 de mars 2021 en la pagina Idées et Débats de La République des Pyrénées.

L’autre jour, à l’heure où les merles sortent de leur silence nocturne et nous offrent leurs trilles enchanteurs, j’ai constaté que mon véhicule était recouvert d’une fine pellicule jaunâtre dont l’origine m’était inconnue. Mon étonnement le disputait à ma perplexité. C’est à la lecture de notre cher journal que j’ai appris que le “vent balaguèr” (1) nous offrait généreusement du sable du Sahara. J’ai levé les yeux et ai vu une brume orangée qui enveloppait nos « montinas ». L’atmosphère était pour le moins curieuse comme si nous étions tous sous un haut incubateur ambré que le soleil tentait en vain de percer. Il faisait chaud, anormalement chaud.

Cet épisode climatique laisse rêveur. Ce nuage saharien réussit la gageure de faire plusieurs milliers de kilomètres à très haute altitude (3000 à 4000 m d’altitude) pour s’épancher en Béarn, Pays basque, Catalogne et Corse. Certaines poussières sahariennes ont même atteint l’Angleterre et le sud de la Scandinavie…

Certains journaux français prétendent que ce nuage charrie aussi des particules radioactives issues des essais nucléaires français effectués au Sahara au début des années 1960. Ce phénomène engendre d’incroyables pics de pollution, considérés dangereux pour nous tous. À tel point que le Préfet déconseille à nos compatriotes aujourd’hui encore de pratiquer des activités sportives de plein air. J’ai moi-même abandonné l’idée de ma quatrième sortie hebdomadaire.

J’en ai parlé incidemment à un de mes vieux camarades de classe. J’ai bien vu qu’il était dubitatif, peut-être méfiant. Je lui demandé s’il n’avait pas vu, lui aussi, l’étrange dépôt sur sa voiture. « Non, m’a-t-il dit, elle était au garage. » « Et cette brume ? » ai-je insisté. Il m’a regardé comme je lui annonçais que la terre avait cessé de tourner sur elle-même. En rentrant, je m’interrogeais encore : les gens ouvrent-ils vraiment les yeux pour découvrir le monde dans lequel ils vivent ?

1. Vent du Sud

PRINTEMPS

Chronique parue ce jour, samedi 27 février 2021 dans la page Idées & Débats de La République des Pyrénées/Cronica pareguda uei, dissabte 27 de heurèr 2021 en la pagina Idées & Débats de La République des Pyrénées.

Les cerisiers sont en fleur. Le vent d’Espagne y souffle sa vigueur coutumière. Il est doux et joyeux comme la « prima » (1) qu’il charrie. On se met à penser qu’elle s’est installée en Béarn pour y demeurer. N’oublions pas, notre climat est versatile. Qu’importe !, profitons des retrouvailles avec le soleil et célébrons ces jours précieux où la vie nous semble plus légère.

« De bueus en vacas » (2), j’apprends ce jour qu’on pourra m’administrer le fameux vaccin au mois d’avril prochain. En revanche, en ce qui concerne ma très vieille mère, c’est une autre paire de manches. J’ai tenté de l’inscrire sur Doctolib des centres de vaccination palois. Une véritable quête du Graal ! Je n’y suis pas arrivé. En effet, le nombre d’inscrits y dépasse allègrement le millier d’inscriptions. D’ailleurs, on nous en informe, et on nous demande de prendre notre mal en patience…

Est-ce la pénurie de vaccins ? Le manque de personnels habilités pour vacciner ? Une logistique défaillante ? Je ne saurais vous dire. J’ai beau lire la presse écrite, écouter la radio, regarder (parfois) les chaînes de télévision en continu où élus, scientifiques et commentateurs de tout poil s’expriment, se contredisent voire s’engueulent. Je reste dubitatif.

Je m’en suis ouvert à un de mes amis, cadre hospitalier. Celui-ci m’a suggéré de solliciter le médecin traitant de ma mère pour qu’il puisse la vacciner. Le pourra-t-elle ? Rien n’est moins sûr. Son âge très avancé semble lui interdire la vaccination qui est désormais consacrée aux personnels de santé et individus ayant entre 50 et 65 ans, atteints de comorbidités.

Que faire ? « Wait and see ! », diront certains. D’autres conseilleront d’interpeller le maire de la commune concernée, le conseiller départemental, le conseiller régional — les élections approchent ! —, le préfet, les autorités sanitaires…  « Lo bon Diu », peut-être ? Heureusement que le temps est au beau, il ne manquerait plus qu’il pleuve : une dépression est si vite arrivée.

1. Le printemps

2. Du coq à l’âne