DÉCEMBRE

Chronique parue le samedi 19 décembre 2021 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées// Cronica parescuda lo dissabte 19 de deceme 2021 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

Le soleil revenu, on regarde le ciel de décembre comme un enfant qui veut le rejoindre et se laisser porter par le souffle de ses rêves. Il était si clair, si pur, si froid aussi, hier encore. Il le sera quelques jours encore. Peut-être sera-t-il là lorsque nous célèbrerons Noël ? Je dis bien Noël, et surtout pas l’échappatoire langagière bien dans l’air du temps. Ce ciel vient avec la lumière de l’astre d’hiver qui peint nos paysages en orange lorsqu’il s’éloigne de l’autre côté de la haute colline, et que la nuit froide s’installe à nouveau. Peut-être serons-nous bercés, cette année encore, par le souvenir de ces derniers jours de l’année que l’impatience nous rendait naguère palpitants ? Chassez la nostalgie, elle revient au galop à dos de rennes, filant droit dans le firmament floconneux. Et je ne vous parle pas des clochettes et du Père Noël d’écarlate vêtu ! C’est bien loin, « qu’ac sèi ! » (1). Ce merveilleux, cette lumière, hélas, désormais commercialisées à outrance, me parlent et m’emplissent de douceur. Ils me content, avec ses mots dérobés, une vieille période où les crises de toutes sortes n’existaient pas à mes yeux. Je crois que cet enchantement — peut-être serais-je démenti, vilipendé ? —nous habite toujours, même si notre enfance n’a pas été celle que nous aurions désirée, alors. Même si elle ne nous aimait pas ou si peu. Elle reste pourtant dans un coin frileux de notre mémoire. Qui oserait dire le contraire ? Certes, il existe, je sais, des ordures de « Pairs Nadau » (2). Ils sont légion. Chaque jour, ils font l’actualité. Qu’importe, les enfants y croient et nous nous n’y croyons plus. Ne sommes-nous pas devenus grands ? Mais, eux, s’obstinent à regarder le ciel de décembre comme une promesse.

1. Je (le) sais.

2. Pères Noël