AMBIANCES

Chronique parue ce jour, samedi 4 décembre 2021 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda uei, dissabte 4 de deceme 2021 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.

J’ai entendu, l’autre jour, sur Inter, Alexis Corbière, député L.F.I, clamer qu’il ne fallait pas nous abandonner au pessimisme ambiant. Pourquoi pas. La méthode Coué a, paraît-il, des résultats… Avant-hier soir, j’ai pris connaissance du résultat du 1er tour des élections des « Républicains ». À entendre Éric Ciotti, qui est arrivé en tête, on peut concevoir que, quoi qu’en pense Corbière, l’ambiance est devenue délétère. Aujourd’hui, Valérie Pécresse, qui s’est laissé aller à des annonces démagogiques, a peut-être écarté notre « Nissart » ? Naguère adoubé par Christian Estrosi dont il est devenu la bête noire — ici, on dirait « lo herasti » —, il a déjoué tous les pronostics. Nous verrons bien…

À cette heure avancée d’une bien triste campagne, cette agitation surmédiatisée m’insupporte. Je rêve un jour de voir la disparition de cette stupide élection. D’aucuns diront que les écrivains, les cinéastes, sont des enfants voire des mythomanes qui s’amusent de tout et de rien. La vie, la vraie, leur échappe vraiment. « Allez, qu’ils écrivent et qu’ils nous laissent tranquille ! », leur dit-on souvent. Almodovar ne les a pas écoutés. Dans « Madres paralelas », que j’ai vu, en octobre dernier, au Festival Huelhas de « Bocau Vielh », il évoque les horreurs de la Guerre d’Espagne. Les charniers franquistes dispersés ne cessent en effet de ressurgir et d’alimenter l’éternel conflit entre les deux clans qu’on croyait disparus. C’est à travers deux magnifiques portraits de femmes — dont Janis, la magnifique Pénélope Cruz — que son travail mémoriel se déploie jusqu’à l’exhumation du charnier où se trouve l’arrière-grand-père de Janis. Un choc final, une vraie émotion ! Un film à conseiller à ceux qui ont tendance à oublier ce que les régimes totalitaires sont capables de faire au nom d’un nationalisme exacerbé dont se réclament toujours Ciotti et bien d’autres.

Lo Gavisòs, au sococ… Le Gabizos, au crépuscule…