Chronique parue hier samedi 2 avril 2022 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda ger dissabte 2 d’abriu en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Ne voilà-t-il pas que la grippe s’en mêle ! Le covid n’a toujours pas dit son dernier mot, et ce virus grippal fait des siennes. Une banalité abyssale. Une habitude que nous prenons chaque année depuis des lustres. Jeudi, en fin d’après-midi, entre deux « pos de frèbe » (1), j’ai remarqué que j’avais oublié la « campagne ». Je l’avais abandonnée à sa météorologie sondagière, à ses excès médiatiques, à ses meetings retransmis sur les chaînes d’info en continu qui nous valent commentaires sur commentaires, à ses mensonges, à ses élucubrations démagogiques, à ces programmes que je n’ai pas lus tant ils sont froids comme un discours préfectoral.
L’élection présidentielle — j’en suis un opposant fervent et entêté — est devenue une étrangeté démocratique, un théâtre d’ombres où on cherche en vain une parole vraie. La nuit tombait, et le temps était déprimé. J’ai imaginé fermer les yeux et ne les rouvrir que le lundi 25 avril. C’était illusoire et dangereux. En effet, il y a plus grave que cette grippe saisonnière : cette maladie extrémiste et droitière. Ses propagateurs la disséminent partout lors de leur passage. La fille du père, Z. et la nièce de la première, proclament que cette maladie n’en est pas une ; qu’elle va nous sauver de la catastrophe démocratique, du grand remplacement, de l’Europe, que sais-je encore ? Le soir-même, fort tard, le sommeil ne venait pas, j’ai lu dans « Le Monde » que Jean-Luc Mélenchon consulterait ses adhérents pour faire in fine son choix entre les deux candidats arrivés en tête, s’il arrivait 3ème comme en 2017. Peut-être accepte-t-il déjà cette possibilité ? Donc, entre Marine et Macron. Peut-être se sent-il immunisé contre cette maladie délétère que les XX° et XXI° siècles ont vue se répandre au grand dam de la démocratie et des valeurs républicaines ? S’en lavera-t-il les mains ? Il dira sans doute le contraire comme il y a cinq ans. Il faut lui reconnaître une constance, une fidélité. Peut-être croit-il qu’il pourra fermer les yeux sur la réalité du désastre, le soir du 24 avril ?
1. poussées de fièvre.

