Chronique parue hier, samedi 23 octobre 2021 dans la page Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda ger, dissabte 23 d’octobre 2021 en la pagina Débats deu diari La République des Pyrénées.
Qu’on n’attende pas de moi commentaires et analyses sur la campagne présidentielle à venir ! D’autres le feront bien mieux que moi. Je continuerai à observer le Béarn avec mes yeux d’écrivain, et non pas d’éditorialiste ou de politiste. Je constate malgré tout qu’elle ne ressemble pas à la précédente qui a vu un presque inconnu devenir président de la République. L’épidémie des sondages y semble plus aigüe. L’irruption d’un candidat maurrassien, vindicatif et xénophobe que les chaînes d’information en continu ne cessent de consacrer— ne fait-il pas croître l’audience ? — démontre que tout est possible, même le pire. Nous voici entrés dans les temps troublés des mensonges et des falsifications historiques. Où en serons-nous au printemps prochain ? Je crains que le cauchemar déjà vécu en avril 2002, qui n’a jamais cessé de nourrir nos insomnies, ne vienne nous hanter jusqu’en avril 2022. Humble citoyen, de ce pays convulsé, tiraillé, capricieux, colérique, chancelant parfois, j’observe ce spectacle délétère, et me demande comment cette mauvaise série française s’achèvera ? Les prophètes de malheur, eux, nous promettent une apocalypse civilisationnelle qui nous verra finalement remplacés. Par qui ? Suivez leur regard, et vous ne serez pas surpris. Leur volonté est de troubler les esprits faibles, les amers, les velléitaires, des égarés de la République. Ceux qui veulent en découdre, ceux qui ne savent plus où ils habitent ! Hier, regardant la pluie qui désaltérait notre vieille vallée, je repensais à l’inscription que Friedrich Nietzsche avait au-dessus de sa porte : « J’habite ma propre maison, /Je n’ai jamais imité personne en rien/ Et — je me ris de tout maître/ Qui n’a su rire de lui-même. »

1. Après-demain…
