La rue est sans pitié

La rue

Le collectif des « Morts de la rue » a publié les noms des 453 personnes mortes dans la rue, en 2016. « La Croix » (1) l’a diffusée in extenso dans les pages de son édition du 11 mars dernier. Il faut la lire pour comprendre combien ces morts sont inacceptables. On y trouve des femmes et des hommes de tout âge et des enfants — « mainatges, òc ben quiòc ! » (2). «

Leur vie devait-elle s’achever là ? Certaines personnes ont pu être enterrées dignement en présence de leurs proches, d’autres dans des conditions parfois révoltantes. », déclare un des responsables du Collectif. La pauvreté est la face scandaleuse de notre société d’abondance où les fortunes bien ou mal acquises sont données en exemple. La misère menace, s’installe et tue. Quelques candidats dont je tairai le nom, par bonté gasconne, semblent l’oublier. On a, en effet, la désagréable impression que certains nous la montrent comme une maladie honteuse qu’il faudrait exiler dans le « no man’s land » de la mauvaise conscience. Éloignés des métropoles, aux confins d’une république délaissée, nous la voyons peu.

Pourtant, la capitale du Béarn n’y échappe pas : les études de l’Insee montrent en effet qu’elle frappe 14 % de la population française. La rue est sans pitié.  Le dénuement existe, aussi, en milieu rural. Ses premières victimes sont les enfants. Qui en parle ? Qui les voient ? Ces milliers de bénévoles qui leur apportent leur aide désintéressée. Depuis plus de vingt ans, la pauvreté grandit et qu’ont fait nos gouvernements successifs ? On m’a fait savoir qu’ils avaient agi.

Serait-ce un coup d’épée dans l’eau ? « Vous n’avez rien fait, […] vous n’avez rien fait tant qu’il y a au-dessous de vous une partie du peuple qui désespère ! » (3) disait déjà Victor Hugo, en 1849, à l’Assemblée Nationale. « Mea culpa ! », diront certains. D’autres diront que l’État est « pauvre », et qu’il ne peut pas tout. D’autres encore, regarderont ailleurs. Une seule certitude, samedi prochain, 400 jeunes collecteront toutes sortes de denrées pour la Banque Alimentaire, partenaire de la Croix Rouge, du Secours Populaire, du Secours Catholique qui sont notre conscience.

 

 

  1. http://www.la-croix.com/Journal/Les-morts
  2. Bien sûr !
  3. Discours sur la misère, le 9 juillet 1849.

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