PASCAS (1)

Chronique parue aujourd’hui, samedi 27 mars 2021 dans la page « Idées et Débats » du quotidien La République des Pyrénées// Cronica parescuda, uei, dissabte 27 de mars 2021 en la pagina « Idées et Débats » deu diari La République des Pyrénées.

Dans quelques jours, viendra la « semaine sainte ». Hier, relisant encore et toujours « La Pesanteur et la grâce » (2), je me suis remémoré combien enfant je vivais mal la mort du Christ. Ma foi n’avait pas encore subi les assauts du doute et des idées nouvelles. Notre temps était religieux. Et s’il ne l’était pas, il nous obligeait à le prendre en compte quelle que soit la forme de notre agnosticisme. C’était dans les années soixante de l’autre siècle. Chaque jour de la « setmana santa » était un sentier escarpé, mystérieux où nous cheminions inquiets du devenir de notre âme.

Lundi, mardi, mercredi, jeudi…

Notre société béarnaise vivait à l’heure du calendrier et rites de l’église. Mon enfance y trouvait les raisons de voir dans la « passion du Christ », la métaphore d’une vie à faire avec ses joies, ses peines et peut-être ses défaites. Soixante ans après, j’en garde une nostalgie, qui a nourri un imaginaire, une œuvre en construction.

Bientôt, « divés sent » (3), journée endeuillée de mauve vêtue.

Venait alors, le samedi de Pâques. Il s’annonçait comme une victoire sur les ténèbres que j’appréhendais confusément comme une libération. De qui ? De quoi ?

Comment aurais-je pu le savoir ?

Depuis lors, un ouragan civilisationnel a quasiment anéanti ce « patrimoine cultuel immatériel ». Il est aujourd’hui méconnu, méprisé, parfois exécré. Et Dieu sait si l’église romaine a beaucoup à se faire pardonner, et ceci depuis des siècles ! La sécularisation de notre société ne semble pas vouloir s’arrêter. Faut-il le déplorer ou s’en féliciter ? Je ne saurais répondre à ces questions.

Ce que je sais c’est que l’argent, ce Dieu toujours ressuscité, alimente la religion du matérialisme aveugle et destructeur. Ces derniers années, il a gagné en efficacité. Ces croyants sont légion. Le capitalisme mondialisé et financiarisé est son église universelle qui n’a que faire de la lumière printanière de Pâques. Ses papes, cardinaux, évêques et prêtres sont sans foi, ni loi.

1. Pâques

2. Simone Weil, nouvelle éd. Plon.

3. Vendredi saint

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