Chronique parue hier samedi 5 juin 2021 dans la page Idées & Débats du quotidien La République des Pyrénées // Cronica parescuda ger dissabte 5 de junh 2021 en la pagina Idées & Débats deu diari La République des Pyrénées.
Mercredi matin, sur le marché d’un village proche, j’ai croisé des candidats aux élections départementales. Ils distribuaient leur profession de foi aux clients qui étaient majoritairement des clientes. Le ciel était bas.
Leurs adversaires, que j’avais aperçus quelques instants avant, dans une rue adjacente, ne tarderaient pas d’en faire autant. « Ua campanha, qué ! » (1) Celle-ci m’a paru un tantinet singulière. Je l’avais déjà constaté lors des précédentes échéances, exception faite des élections présidentielles qui enflamment durablement le pays et écrasent tout sur son passage.

En effet, le phénomène ancien s’est amplifié voire exacerbé. J’ai souvenir de l’effervescence qui les caractérisait autrefois. Combien ces élections étaient une fête de la démocratie. Aujourd’hui, elle s’est dissipée comme la brume légère, un matin d’été. Les candidats et candidates, que j’interrogeais sur l’« ambient » (2), reconnaissaient que le monde qui leur était jusqu’alors familier avait franchement changé. Ils étaient dans l’expectative. Peut-être même dans la peur que l’intuition parfois instille ?
D’ailleurs, je remarquais que le marché, lui-même, s’absentait. Il regardait ailleurs. sans doute vers les Pyrénées emmitouflées dans les nuages ? Rêvait-il d’un autre temps ? Une nostalgie… Pourtant, un vent aigre malmenait les étals et leurs chalands qui étaient nombreux à cette heure matinale. J’ai fait mes courses habituelles et ai regagné mon véhicule. Une éclaircie venait au loin. J’ai regardé mon mobile pour lire les titres de notre « République. Rien de nouveau sous le ciel du Béarn. J’oubliais, l’échéance cruciale de la Section Paloise…
Je me demande si nos concitoyens ont bien compris qu’ils vont bientôt voter aux élections départementales et régionales. C’est vrai, l’ambiance est confuse voire brouillardeuse. Comme me disait, hier soir, une de mes amies : « La confusion règne dans un trop grand nombre d’esprits. » Doit-on croire Fiodor Dostoïevski quand il écrit : « Beaucoup de malheur a surgi de ce monde par la confusion et les choses tues. » ?
1. Une campagne, quoi !
2. Ambiance.